VIDEO. Affaire Benalla: Mediapart va assigner l'Etat pour «faute lourde» après une tentative de perquisition

JUSTICE Le parquet de Paris avait tenté début février de perquisitionner les locaux du site d’informations après la diffusion d’une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase

M.C.

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Edwy Plenel, le cofondateur de Mediapart, accompagné du journaliste Fabrice Arfi, le 4 février 2019.
Edwy Plenel, le cofondateur de Mediapart, accompagné du journaliste Fabrice Arfi, le 4 février 2019. — Christophe Ena/AP/SIPA

« Sans les sources, les citoyens ne peuvent pas être informés librement », a répété Fabrice Arfi dimanche sur France 5. Le journaliste de Mediapart, invité sur le plateau de l’émission « C Politique », a annoncé que le site d’informations allait assigner l’Etat « pour faute lourde », après une tentative de perquisition dans ses locaux début février.

« Nous allons assigner "l’agent judiciaire de l’Etat", en fait le parquet de Paris, pour une faute lourde » qui a été commise « dans la manière dont s’est passée dans le cadre judiciaire la tentative inédite de perquisition de Mediapart », a expliqué le journaliste.

Le 4 février, le parquet de Paris avait tenté de perquisitionner les locaux du site d’informations après la diffusion d’une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, quelques jours après leur mise en examen en juillet. Mediapart s’était opposé à cette perquisition, dénonçant « une manœuvre, un habillage juridique qui n’a qu’une seule fin : trouver les sources de Mediapart et les tarir ». La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, avait quant à elle réfuté toute « instrumentalisation de la justice » et une « quelconque instruction » donnée au procureur de Paris.

« Une tentative inquiétante d’attenter au secret des sources »

Dimanche, Fabrice Arfi a de nouveau fustigé une « enquête ouverte sans base légale » et l’envoi de « deux procureurs et trois policiers pour perquisitionner Mediapart » dans le seul but « de trouver les sources d’un journal qui publie des informations qui embêtent le pouvoir exécutif », ajoutant : « Et qui est derrière l’enquête du Parquet ? Le pouvoir exécutif, a-t-on découvert. »

Des journalistes de nombreux médias français avaient exprimé leur préoccupation et leur solidarité avec Mediapart après la tentative de perquisition, dénonçant également « une tentative particulièrement inquiétante d’attenter au secret de leurs sources ».