Lyon: Un logiciel pour contrôler les annonces Airbnb «illégales»

LOCATION Selon l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie, 90 % des annonces postées sur les plateformes de location de meublés de tourisme, ne possèdent pas de numéro d’enregistrement, comme l’exige la réglementation

Caroline Girardon

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Capture d'écran du site Airbnb (image d'illustration).
Capture d'écran du site Airbnb (image d'illustration). — Joe Scarnici / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
  • Depuis la loi Elan, la location d’un meublé de tourisme est limitée à 120 jours par an et doit avoir un numéro d’enregistrement.
  • Les professionnels de l’hôtellerie dénoncent toutefois des fraudes. Selon eux, 90 % des annonces postées sur les plateformes de location sont illégales.
  • Ils entament un tour de France pour sensibiliser les municipalités afin qu’elles se montrent plus fermes.

Ils l’assurent la main sur le cœur : « Il ne s’agit pas d’attaquer Airbnb », ni de leur livrer une guerre sans merci. Pourtant, les professionnels de l’hôtellerie de France ont décidé de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Un an après la mise en place d'une nouvelle réglementation concernant les locations de meublés de courte durée, ils passent à la vitesse supérieure. Pour l’instant, seulement 18 villes françaises ont accepté de bloquer le nombre de nuitées à 120 par an.

Ce vendredi, les professionnels de l’hôtellerie ont annoncé qu’ils allaient entamer un tour de France afin de sensibiliser davantage les municipalités, pas assez fermes ou trop débordées pour contrôler les plateformes proposant des locations touristiques entre particuliers. La méthode : les inciter à utiliser le logiciel Trackeet, développé par l’entreprise du même nom. Un logiciel capable de déceler les « annonces illégales ».

« En France, 90 % du parc locatif de meublés de tourisme n’est pas déclaré »

« En France, 90 % du parc locatif de meublés de tourisme n’est pas déclaré », affirme Alexandre Coulon, fondateur de Trackeet. « Et dans ceux qui sont déclarés, certains ont un faux numéro d’enregistrement », ajoute Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie (Umih).

A Villeurbanne, les 650 chambres d’hôtels devaient faire faire au mois de janvier à 1530 annonces postées sur diverses plateformes. A Lyon, sixième ville préférée en France par les utilisateurs d’Aibnb, les chiffres sont tout aussi éloquents pour le début d’année : 7.200 chambres d’hôtels contre 9.600 annonces. « Seul un millier de meublés en ligne détenaient un numéro d’enregistrement, désormais obligatoire », révèle Alexandre Coulon. « On a fait le calcul. Si la ville de Lyon avait attaqué Airbnb, elle aurait pu récolter 105 millions d’euros d’amende civile », appuie Laurent Duc, qui se défend d’être « mauvais joueur ».

12.500 euros d’amende en cas d’infraction

Depuis la loi Elan, la location d’un logement est limitée à 120 jours par an et celui-ci doit avoir un numéro d’enregistrement. A défaut, les plateformes diffusant les annonces risquent une amende de 12.500 euros pour chaque publication « illégale ».

« La démarche n’est pas de s’en prendre à Airbnb. Le consommateur le veut. Ce modèle économique doit pouvoir exister mais le marché doit être régulé », assure Laurent Duc. « Le concept de l’économie collaborative est détourné et nous demandons de faire respecter la loi », renchérit Béatrice Rondy, présidente du Groupement national des chaînes hôtelières Rhône-Alpes-Auvergne.

« La décision de contrôler, sanctionner voir attaquer en justice ne nous appartient pas. Elle relève du conseil municipal. Nous ne pouvons pas agir à la place du maire mais l’idée est de leur inciter à le faire », prévient Laurent Duc. « Dès qu’ils détectent une fraude, ils ont deux solutions : soit prévenir le loueur qu’il risque une amende, soit demander à la plateforme de supprimer l’annonce », complète Alexandre Coulon, précisant que les villes de Bordeaux et Strasbourg pourraient être intéressés par le recours au logiciel Trackeet.