Abus sexuels dans l'Eglise: Une rencontre entre victimes de prêtres pédophiles et le Vatican a eu lieu mercredi

REPARATION Plusieurs de ces victimes ont déploré l’absence du pape argentin lors de cette rencontre et l’absence de mesures concrètes pour en finir avec ce fléau

Vanessa Rodrigues Biague
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Le pape François lors du sommet organisé au Vatican sur les abus sexuels dans l'Eglise, le 21 février 2019.
Le pape François lors du sommet organisé au Vatican sur les abus sexuels dans l'Eglise, le 21 février 2019. — Vincenzo PINTO / POOL / AFP

Une rencontre inédite… Pour la première fois, lesvictimes de prêtres pédophiles et le Vatican ont échangé mercredi, 24 heures avant le lancement d’une grande conférence sur la « protection des mineurs » dans l’Eglise catholique, a confirmé le Saint-Siège.

Le comité organisateur de ce sommet inédit, voulu par le pape François, sur la protection des mineurs dans l’Eglise « a rencontré mercredi matin un groupe de représentants des victimes d’abus de prêtres », a indiqué un communiqué du Vatican.

« Douze personnes, des hommes et des femmes, provenant de diverses parties du monde et appartenant à diverses organisations, étaient présentes à la rencontre qui a duré un peu plus de deux heures », selon ce texte.

« Où est le pape ? ! »

Mais « le grand absent de cette rencontre ça reste le pape », a indiqué devant la presse François Devaux, co-fondateur de l’association française de victimes de prêtres pédophiles « La parole libérée ». « Où est le pape ​ ? ! », a lancé de son côté l’Américain Peter Isely, de l’organisation de défense des victimes Snap.

« A quoi va servir cette rencontre ? », s’est interrogé François Devaux. « Ils vont décider à 125 de ce que l’Eglise doit faire ? Mais ne sait-on pas déjà ce qu’il faut faire ? », s’est-il ainsi demandé, déplorant la lenteur du Vatican à incriminer notamment ceux qui ont couvert des prêtres pédophiles. « A Lyon, l’archevêque Philippe Barbarin a reconnu avoir déplacé un prêtre pédophile, aujourd’hui il est toujours archevêque », a-t-il ainsi déploré.

Combattre le « fléau » des abus

Le pape va donner ce jeudi le coup d’envoi à trois jours de débats et de prières afin que l’Eglise « laisse son empreinte » dans le combat contre le « fléau » des abus, a déclaré mercredi Andrea Tornielli, un des principaux responsables de la communication du Vatican.

Les quatre jours qui composeront ce sommet - du 21 au 24 février - « permettront aux responsables ecclésiaux de se pencher sur la responsabilité des évêques, leur devoir de rendre compte et leur engagement à la transparence », a-t-il affirmé, sur le site officiel du Vatican.