Affaire Benalla: Le parquet de Paris ouvre une enquête pour «entrave à la manifestation de la vérité»...

JUSTICE Alexandre Benalla, placé derrière les barreaux mardi, est soupçonné d'avoir menti sous serment

Lucie Bras

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Alexandre Benalla, le 19 février 2019 au Palais de justice de Paris.
Alexandre Benalla, le 19 février 2019 au Palais de justice de Paris. — AFP

L’ESSENTIEL

  • La commission des Lois du Sénat s’était vu attribuer les prérogatives de commission d’enquête pour six mois le 23 juillet dernier après la diffusion d’images montrant Alexandre Benalla en train de frapper un manifestant en marge des défilés du 1er mai à Paris.
  • La commission d’enquête a entendu des ministres, des responsables de la police et de la gendarmerie, mais aussi des personnalités du cercle restreint de l’Elysée.
  • L’ex-chargé de mission de l’Elysée est soupçonné d’avoir menti sous serment, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

A LIRE AUSSI

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14h31 : Ouverture d’une enquête pour « entrave à la manifestation de la vérité »

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert la semaine dernière une enquête préliminaire pour déterminer s’il y a pu avoir des « dissimulations de preuves » dans le cadre des différentes enquêtes visant Alexandre Benalla et son entourage.

14h19 : Benjamin Griveaux dénonce des « contrevérités »

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dénoncé mercredi « beaucoup de contre-vérités » dans le rapport d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla, du nom de l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron.

« L’Elysée aura l’occasion d’apporter des réponses factuelles sur manifestement beaucoup de contre-vérités qui se trouvent présentes dans le rapport » sénatorial, a-t-il déclaré. 

 

12h55 : Retour en vidéo sur les principales déclarations de la commission des Lois

 

12h51 : La lettre de la commission à Gérard Larcher dans le détail

Le lettre de la commission des Lois du Sénat à Gérard Larcher.
Le lettre de la commission des Lois du Sénat à Gérard Larcher. - V.V./ 20Minutes

Dans la fameuse lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, les membres de la commission demandent de « saisir le ministère public des déclarations » des deux intéressés. Ils soupçonnent un « faux témoignage » d’Alexandre Benalla sur le « périmètre de ses fonctions » à l’Elysée et « son rôle dans le dispositif de sécurité du chef de l’État », mais aussi sur l’utilisation de ses passeports diplomatiques.

Benalla et Crase sont en outre soupçonnés d’avoir menti au sujet du contrat de sécurité privée pour le compte du Russie Iskander Makhmudov.

 

12h20 : « J’espère que nos travaux seront utiles » aux Français et à la justice, explique Philippe Bas, qui a repris la parole

Les commissaires demandent au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier « un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions » relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du chef de l’État.

Sont nommés le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler et le chef de cabinet Patrick Strzoda, mais aussi le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne.

La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au Bureau du Sénat.

12h20 : Muriel Jourda justifie l’enquête du Sénat sur cette affaire dont la justice s’était déjà saisie

Muriel Jourda rappelle que la commission d’enquête a toujours été une prérogative du Sénat, une prérogative validée par la justice elle-même.

12h15 : La mission d’enquête du Sénat a établi 13 recommandations à l’issue de ses investigations, pour notamment en finir avec « l’expérience des collaborateurs « officieux » du président de la République »

Réformer la sécurité de l’Élysée, en finir avec l’expérience des collaborateurs « officieux » du président de la République, conditionner le recrutement des collaborateurs… Elles sont toutes listées dans le tweet ci-dessous.

 

12h02 : Muriel Jourda pointe les dysfonctionnements majeurs repérés à l’issue de l’enquête

« Si ces agissements sont ceux d’un homme, ils ont été rendus possibles par un système. La thèse de la faute d’un homme isolé s’est effacée, face au dysfonctionnement de l’institution », explique-t-elle.

 

Les dysfonctionnements listés sont :

  • Les pouvoirs excessifs laissés à un homme inexpérimenté
  • La nomination atypique de Benalla en tant que lieutenant colonel
  • La confiance maintenue après les graves dérapages de Benalla
  • Une remontée de l’information défaillante
  • Des sanctions discrètes ou inexistantes
  • Un contrôle insuffisant des affectations des réservistes (concernant Vincent Crase)

12h02 : On en vient aux contrats russes, dans cette affaire tentaculaire

Sur cette affaire, les informations révélées dans la presse laissent penser qu’Alexandre Benalla et Vincent Crase se sont rendus coupables de faux témoignages, explique le sénateur.

Dès le mois de mars 2018, Benalla et Crase, encore en fonction de l’Elysée, sont déjà impliqués dans un contrat passé avec un oligarque russe, lié à Vladimir Poutine. « Les révélations sur l’affaire des contrats russes tendent à établir l’existence de conflits d’intérêts majeurs », déclare Jean-Pierre Sueur.

12h01 : « Il est heureux que le Sénat existe », se félicie Jean-Pierre Sueur
Le sénateur a pointé les défaillances de la commission d’enquête des députés de l’Assemblée nationale, qui avait fait long feu.

11h58 : La restitution des passeports a été « tardive », indique le Sénat

La co-rapporteure du Sénat pointe des délais très importants dans le processus de retour des passeports, dont l’un a été déclaré perdu, tant par Alexandre Benalla que par les différentes administrations.

La demande d’invalidation des passeports a été transmise en novembre. Un mois plus tard, aucune mesure n’avait été prise à cause de problèmes techniques signalés au Sénat. « Il est surprenant qu’aucune instruction n’ait été transmise à la police de l’air et des frontières pour empêcher Alexandre Benalla de voyager ». Il les a ainsi utilisés à 23 reprises.

11h55 : Alexandre Benalla n'a jamais rendu ses quatre passeports diplomatiques

Pour Muriel Jourda, ces passeports ont été attribués dans des conditions anormales. Pour elle, l'attribution de quatre passeports n'intervient jamais à ce niveau de responsabilité. 

Par exemple, l'un des motifs de l'attribution de ces passeports était un voyage en Allemagne, alors qu'il n'y a pas besoin de passeport pour voyager dans ce pays européen.

11h49 : Le port d’arme d’Alexandre Benalla évoqué

Alexandre Benalla, membre de la sécurité rapprochée de Macron, avait obtenu un port d’arme. Mais le Sénat le considère comme « inexpérimenté », citant en particulier son licenciement du poste de chauffeur d’Arnaud Montebourg pour « manque de discrétion ». Le Sénat pointe ainsi une fragilité de la sécurité du Président et des dysfonctionnements inhérents à cette situation.

11h46 : Benalla, « épaule » de Macron ?

« Il apparaît qu’Alexandre Benalla, fort de la confiance qui lui était accordée, s’était arrogé un rôle central dans le fonctionnement » des services de sécurité du président de la « cinquième puissance mondiale ». Il est probable que Benalla a participé à la sécurité d’Emmanuel Macron, prenant l’ascendant sur les responsables légitimes de cette sécurité, ajoute Jean-Pierre Sueur. Un rôle assimilé à celui « d’épaule » du président, indique le Sénat.

11h45 : Benalla, un caillou dans le mécanisme ?

« C’est comme si un seul être », par son autorité, faisait que tout se mettait à dysfonctionner", explique Sueur

11h44 : La parole est à Jean-Pierre Sueur, l'autre co-rapporteur

11h41 : « Nous émettons des doutes sur l’effectivité réelle des sanctions » infligées à Alexandre Benalla.

La co-rapporteure pointe l’absence de conséquence financière pour l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron. Sa « rétrogradation » a été assortie de nombreuses exceptions, dont l’accompagnement des footballeurs vainqueurs de la Coupe du monde sur les Champs-Elysées. Un logement de fonction lui a été accordé mi-juin, alors que les faits étaient connus. Pour la commission, cela ne montre pas de volonté de sanctionner.

11h40 : « La sécurité du président de la République a été affectée », a précisé Philippe Bas.

11h38 : « Nous avons regretté l’incompréhensible indulgence dans la hiérarchie d’Alexandre Benalla »

La commission des Lois du Sénat s’étonne de la confiance renouvelée à Alexandre Benalla entre le 1er-mai et le mois de juillet, quand l’affaire a été révélée, explique Jourda.

 

11h37 : C'est au tour de Muriel Jourda de s'exprimer, la co-rapporteure du rapport

11h33 : «J'ai décidé de demander au président du Sénat que le bureau de notre assemblée délibère en vue de saisir le procureur pour "faux témoignage"», déclare Philippe Bas

11h29 : Coup de théâtre, suite…

Dans cette lettre, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables à l’Elysée, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, les soupçonnant d'« omissions, incohérences » et « contradictions ».

11h29 : Petit coup de théâtre au Sénat… Pendant que Philippe Bas commence son énoncé, une lettre envoyée au président du Sénat révèle les conclusions du rapport

L’AFP a obtenu une lettre adressée à Gérard Larcher, indiquant que la commission d’enquête va demander des poursuites contre Benalla et Crase pour « faux témoignage ».

11h27 : « Il n’y a pas une affaire Benalla, il y a une affaire de la Contrescarpe, une affaire de permis de port d’armes, une affaire de passeports diplomatiques, une affaire contrats russes », rappelle Philippe Bas.

11h22 : Le rapport sera transmis à Emmanuel Macron et Edouard Philippe dans la journée

11h21 : Philippe Bas rappelle que plus de 40 personnes ont été auditionnées sous serment dans cette affaire

11h19 : Les deux rapporteurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR) viennent d'arriver

Le président Philippe Bas est également en place.

11h15 : De plus en plus de costumes-cravate dans la salle

L'arrivée du président de la commission ne devrait plus tarder.

11 heures: Petit retard de la commission des Lois du Sénat

10h53 : Les sénateurs pourront ensuite décider de saisir la justice avec les preuves rassemblées par la cour d’enquête

La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au Bureau du Sénat.

 

10h40 : La Commission s'est réunie à huis clos pour prendre connaissance du rapport

Au Sénat, à majorité d'opposition, la commission des Lois s'est réunie un peu après 08 heures à huis clos, sous la présidence de Philippe Bas (LR), pour prendre connaissance du rapport de Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR).

Les conclusions doivent être soumises à ses membres en fin de réunion.

10h25 : Bienvenue dans ce nouveau live sur l’affaire Benalla

Invraisemblances, incohérences, contradictions, voire mensonges… Quelles vont être les conclusions des sénateurs après les auditions d’Alexandre Benalla et de son entourage, des auditions qui sont remontées jusqu’aux cercles très privés de l’Elysée. Alexandre Benalla, le « héros » de cette affaire à tiroirs, suivra les événements depuis la prison de la Santé à Paris, où il a été incarcéré mardi soir. La justice a estimé qu’il n’a pas respecté son contrôle judiciaire, dans l’enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris qui lui vaut d’être mis en examen