Chez les salariés, le télétravail fait de plus en plus d’adeptes

ORGANISATION Si le télétravail séduit davantage, les salariés déplorent « une difficulté à séparer les temps relevant de la vie privée » et ceux de l’activité professionnelle, selon l’étude

20 Minutes avec AFP

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Un salarié d'une entreprise américaine en télétravail (Illustration).
Un salarié d'une entreprise américaine en télétravail (Illustration). — Petr David Josek/AP/SIPA

Les salariés sont de plus en plus nombreux à opter pour le télétravail. En 2018, 29 % d’entre eux l’ont pratiqué de façon occasionnelle ou régulière, contre 25 % en 2017, révèle une étude Ifop menée pour Malakoff Médéric Humanis et publiée ce mercredi.

En moyenne, ces salariés ont télétravaillé sept jours par mois et « presque 8 sur 10 sont satisfaits ou très satisfaits de leur pratique du télétravail », a souligné Anne-Sophie Godon, directrice innovation de Malakoff Médéric Humanis, lors d’une conférence de presse.

« Plutôt une incitation à étendre le télétravail » là où « il existait » déjà

Le domicile « reste le lieu prépondérant » où s’exerce le télétravail (92 % des télétravailleurs), a-t-elle précisé. Mais les salariés peuvent aussi le pratiquer dans « un tiers lieu » (21 % y ont recours), comme un café ou un espace de travail partagé. Leur entreprise peut aussi leur permettre de télétravailler dans un « bureau satellite » (35 %), c’est-à-dire dans un autre site de la même société.

Le télétravail est développé « surtout dans les plus grandes entreprises », a relevé Anne-Sophie Godon. Ainsi près de la moitié (49 %) des télétravailleurs sont employés dans des sociétés de plus de 1.000 salariés. Les ordonnances de l’automne 2017, qui ont réformé le Code du travail et simplifié le recours au télétravail, « sont plutôt une incitation à étendre le télétravail » là où « il existait » déjà, a-t-elle ajouté.

Réduire le temps de trajet, gagner en autonomie et en efficacité

Plus de 5 télétravailleurs sur 10 (51 %) sont des cadres, quasiment tous (97 %) sont en CDI, 45 % sont âgés de 35 à 49 ans, et plus de 3 sur 10 (34 %) vivent en Ile-de-France. Pourquoi demander à télétravailler ? D’abord pour « réduire ou supprimer » les trajets entre le domicile et le lieu de travail, répondent plus de la moitié des télétravailleurs (54 %). « Comme l’an dernier », le temps consacré au transport est le premier sujet de motivation, a souligné Anne-Sophie Godon.

Neuf télétravailleurs sur dix disent avoir gagné « une plus grande autonomie » (90 %) et une meilleure efficacité (89 %). Autres grands bénéfices : « un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle » (85 %) et une diminution de la fatigue (85 %). Mais, paradoxalement, 6 télétravailleurs sur 10 déplorent « une difficulté à séparer les temps relevant de la vie privée » et ceux de l’activité professionnelle, selon l’étude. Et plus de la moitié s’inquiètent pour leur santé psychologique (54 %), avec notamment des craintes d’isolement.