Lyon-Turin: La région Auvergne-Rhône annonce que l'Union Européenne financera 50% des voies d'accès

TRANSPORTS La région Auvergne-Rhône-Alpes annoncé que Bruxelles va mettre 2 milliards d'euros sur la table

Caroline Girardon

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La ligne LGV Lyon-Turin n'est pas enterrée même si elle ne semble pas faire partie des priorités du gouvernement français.
La ligne LGV Lyon-Turin n'est pas enterrée même si elle ne semble pas faire partie des priorités du gouvernement français. — MARCO BERTORELLO / AFP
  • La région Auvergne Rhône-Alpes a annoncé avoir convaincu l’Union Européenne de financer la moitié des travaux d’aménagements des voies d’accès du tunnel entre Lyon et Turin, côté français.
  • Bruxelles mettrait 2 milliards d’euros sur la table.
  • La région attend désormais que le gouvernement formalise cette décision.

« C’est une relance significative du dossier. » La région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé lundi que l’Union Européenne était prête à financer 50 % des aménagements des voies d’accès du futur tunnel sous les Alpes dans le projet de construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

« Sur la base d’un budget de 4 milliards d’euros, Bruxelles paierait 2 milliards. Le reste serait à la charge de l’Etat français et des collectivités territoriales », expose Etienne Blanc, premier vice-président de la région. « C’est un signe fort de l’Europe. Il est désormais nécessaire d’écarter le rapport Duron », poursuit l’élu qui s’apprête écrire à Elisabeth Borne, la ministre des Transports afin de lui demander de formaliser cet engagement et confirmer l’engagement de la France.

Ramener le coût des travaux à 4 milliards d’euros dans un premier temps

La région estime que le coût des travaux concernant les voies d’accès, chiffré à 7,7 milliards, pourrait être ramené à 4 milliards dans un premier temps. « Il s’agirait de phaser les chantiers, de décaler la réalisation d’un certain nombre de tunnels », expose Etienne Blanc. Le rapport Duron, validé par le gouvernement, préconisait de reporter ces travaux côté français, après 2030. Une échéance trop tardive, selon l’élu.

La région, présidée par Laurent Wauquiez, propose de construire quoi qu’il arrive la partie de la ligne nouvelle allant de Lyon à Saint-André-le-Gaz, ce qui permettrait d’améliorer la fluidité du trafic ferroviaire régional. Le reste de la ligne serait réexaminé. Des études vont être mandatées auprès de la SNCF et de la Transalpine. Les conclusions ne devraient pas être connues avant un an. Mais la finalité sera de voir lesquels des quatre nouveaux tunnels envisagés (Dullin/L’épine, Chartreuse, Belledonne et Glandon) peuvent être ajournés.

« L’Italie ne pourra pas faire marche arrière »

« Si la France s’engage, l’Italie ne pourra pas faire marche arrière. Il lui faudrait rembourser l’Union européenne. Il faudrait aussi remettre en état les vallées transalpines. Ce qui au final pourrait coûter bien plus cher », estime Etienne Blanc.

Le projet de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin est chiffré à 18 milliards d’euros. Le tunnel de base coûterait 8,6 milliards d’euros, les voies d’accès côté français 7,7 milliards et 1,7 milliard du côté italien. Le tunnel central, qui est très contesté en Italie, doit être financé à 40 % par l’UE, à 35 % par l’Italie et à 25 % par la France.