Abus sexuels: Le silence dans l'Église résulte d'un «pêché collectif», selon le patron des évêques français

EGLISE Le patron des évêques dénonce une faillite collective des chrétiens et appelle l’Eglise à prendre ses responsabilités

J.-L. D. avec AFP

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Mgr Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France.
Mgr Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France. — BERTRAND GUAY

Le silence autour des abus sexuels dans l’Église résulte d’un « pêché collectif » et d’un système qui « néglige » la parole des victimes, estime le président de la Conférence des évêques de France Mgr Pontier au cours d’un entretien au Journal Du Dimanche, où il a tapé du poing.

« Nous devons travailler tous ensemble contre la pédophilie. La hiérarchie (religieuse) n’est pas la seule coupable. Dans certaines familles, des parents très chrétiens ont empêché leur enfant de parler. C’est un péché collectif », estime le patron des évêques. Il va même plus loin en parlant d'« une vénération de l’Église qui est malsaine et peut empêcher la libération de la parole ».

« On ne peut plus rejeter la faute »

À quelques jours d’un sommet mondial au Vatican sur les crimes pédophiles, Mgr Pontier incrimine plus généralement le peu d’attention accordé aux victimes dans l’Église : « Il y a quelque chose de systémique dans la négligence, le poids et la défense des institutions par rapport aux personnes victimes », rappelant que l’Eglise doit prendre ses responsabilités. « On ne peut plus rejeter la faute, dire que ce sont les médias ou le monde extérieur qui en voudraient à l’Église », ajoute Mgr Pontier. Les victimes « n’ont pas besoin de repentance permanente si les actes ne suivent pas. »

Interrogé sur l’enquête pour agressions sexuelles visant à Paris l’ambassadeur du pape en France Mgr Ventura, le prélat se montre prudent. « Si des actes ont été commis qui auraient traumatisé profondément quelqu’un, ce serait bien sûr choquant. Je connais bien Mgr Ventura, et pour le moment je le présume innocent », indique-t-il.