VIDEO. «Grâce à Dieu»: La justice rendra lundi sa décision sur la sortie du film d'Ozon

JUSTICE Le juge des référés du TGI de Paris doit décider lundi si le film de François Ozon « Grâce à Dieu » pourra sortir comme prévu le 20 février

20 Minutes avec AFP

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«Grâce à Dieu», un film de François Ozon inspiré de l'affaire Barbarin
«Grâce à Dieu», un film de François Ozon inspiré de l'affaire Barbarin — Mars Films
  • Le film de François Ozon « Grâce à Dieu » inspiré de faits réels dans lequel un prêtre est mis en cause nommément pour des actes de pédophilie, doit sortir en salles mercredi en France.
  • Mais la défense du père Preynat, mis en examen pour « agressions sexuelles » suite aux révélations des anciens scouts de « La Parole Libérée » et encore non jugé, a demandé à la justice le report de la sortie du long-métrage.
  • Le jugement sera rendu lundi par le TGI de Paris.

Le réalisateur français François Ozon devra patienter trois jours avant de savoir si « Grâce à Dieu », son film inspiré de faits réels dans lequel un prêtre est mis en cause nommément pour des actes de pédophilie, sortira en salles mercredi en France.

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a indiqué ce vendredi que sa décision serait connue « lundi à partir de 16 heures ». Il avait été saisi le 1er février par la défense d’un prêtre de Lyon, le père Bernard Preynat, inculpé en France depuis février 2016 pour agressions sexuelles sur mineurs et qui pourrait être jugé à la fin de l’année.

La naissance de La Parole libérée

La défense du père Preynat demande que la sortie, prévue mercredi, du long-métrage soit reportée après son procès afin de ne pas porter atteinte à sa présomption d’innocence. Le sujet est en pleine actualité en France, au moment où s’est tenu début janvier à Lyon le procès du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et de cinq autres personnes pour non-dénonciation des agissements du père Preynat. Le jugement est attendu le 7 mars.

« Grâce à Dieu » raconte la naissance de l’association française de victimes «La Parole Libérée», fondée par d’anciens scouts de Sainte-Foy-les-Lyon qui avaient dénoncé les agissements de Bernard Preynat début 2016. Dans son film, François Ozon a changé les noms des victimes, mais pas ceux de Bernard Preynat, du cardinal Barbarin et de l’ancienne bénévole du diocèse Régine Maire, jugée à Lyon aux côtés du cardinal. Régine Maire a de son côté mis en demeure François Ozon de retirer son nom du film. Une décision sera prise lundi à Lyon.

La présomption d’innocence en question

Vendredi, l’avocat du père Preynat a argué que le film « va à l’encontre de la présomption d’innocence dont bénéficie son client ». « Dans le film, Bernard Preynat est-il présenté comme coupable ? Assurément oui. Or mon client est placé sous le statut de témoin assisté pour les faits de viol. A-t-il été jugé coupable par la justice ? Non », a déclaré l’avocat Emmanuel Mercinier.

De son côté, Benoît Goulesque-Monaux, un des deux avocats du producteur et du distributeur du film, a répondu qu'« un carton, inséré dans le film, précise que le père Preynat n’a pas été jugé et que dans l’attente de son procès, il bénéficie de cette présomption d’innocence ». Il a insisté sur le fait que « le procès du père Preynat n’est pas le sujet du film ».

Ce film, déjà diffusé lors de multiples avant-premières en France, est en lice pour l’Ours d’or au festival du film de Berlin. Sa copie est parvenue à 307 salles sur le territoire.