«Ecole de la confiance»: L'Assemblée renforce le contrôle de l'instruction à domicile

EDUCATION Le texte permet aux inspecteurs d’académie de mettre en demeure les familles de scolariser leur enfant

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée nationale le 14/02/19.
Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée nationale le 14/02/19. — CHAMUSSY/SIPA

Mieux contrôler ce qui se passe dans les maisons. L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi les mesures du projet de loi pour «une école de la confiance», prévoyant un contrôle accru de l’instruction à domicile.

Le texte permet aux inspecteurs d’académie de mettre en demeure les familles de scolariser leur enfant et donne la possibilité aux maires de saisir le procureur de la République en cas de non-respect des règles. D’autre part, il améliore l’information fournie aux familles qui opteraient pour un enseignement à domicile, notamment sur les sanctions auxquelles elles s’exposent en cas d’infraction. Le ministre, Jean-Michel Blanquer, a estimé que l’Education nationale devait se « muscler » sur cette question. Selon lui, il est « indispensable d’avoir un certain contrôle de l’État qui ne débouche pas pour autant sur une intrusion dans la vie familiale ».

Des députés LR mécontents

A droite, Gilles Lurton (LR) a jugé « disproportionné de prévoir l’intervention de l’inspecteur de l’éducation nationale » pour vérifier si l'instruction dispensée par des familles à des enfants de 3-4 ans « leur permettra d’acquérir le socle commun de compétence ». Les parents « devraient pouvoir choisir librement l’instruction de leur enfant à cet âge ».

Soulignant que la liberté des familles est « constitutionnelle », Xavier Breton (LR) a regretté un article dans une « logique d’un Etat qui vient de plus en plus entraver la liberté des parents », une « défiance par rapport aux familles ». « Pour nous, le rôle de la famille est essentiel », on le « grignote », a aussi déploré son collègue Patrick Hetzel.

« Un regard beaucoup plus attentif »

« La liberté d’instruction en famille et la liberté pédagogique ne sont nullement menacées », a fait valoir la cheffe de file du groupe LREM pour l’éducation, Anne Brugnera, ajoutant que cette mesure est le fruit du constat d’un contrôle « pas assez récurrent et uniformisé ».

A gauche, l’ex-ministre déléguée à la Réussite éducative Georges Pau-Langevin ​(PS) a salué la volonté d’avoir « un regard beaucoup plus attentif » sur ce système dans lequel « beaucoup d’enfants échappent au radar » et peuvent avoir une instruction « insuffisante ».

Mais l’élue de Paris aurait aimé que les députés aillent « un peu plus loin » avec un « inventaire précis de qui est ou pas sous ce régime-là ». L’Insoumise Sabine Rubin a estimé, quant à elle, que le texte renforce surtout « la pression » pour remettre les enfants à l’école sans pour autant régler la question des « décrocheurs ».