Grand débat national: Quelles propositions sont faites pour aider les familles monoparentales?

SOCIAL A l’Assemblée nationale ce mercredi s’est tenu un débat qui a fait émerger cinq propositions pour améliorer le sort des parents « solos »

20 Minutes avec AFP
— 
Un parent avec son enfant.
Un parent avec son enfant. — maxlkt/pixabay

Des parents avec des poussettes à l’Assemblée nationale. Une image surprenante ce mercredi soir, car le Palais-Bourbon accueillait un grand débat sur les familles monoparentales. Il a d’ailleurs accouché de « belles propositions », a indiqué jeudi la secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Santé Christelle Dubos.

Les mères isolées, très présentes autour des ronds-points des gilets jaunes, ont gagné une visibilité sans précédent ces derniers mois. Selon l’Insee, 1,7 million de familles sont monoparentales, soit plus d’une sur cinq (22 %). Dans 85 % des cas, la mère est la chef de famille. Environ 32,5 % de ces familles vivent sous le seuil de pauvreté.

Trois ministres présents

Pour organiser un grand débat sur la question, le gouvernement s’est appuyé sur la journaliste Christine Kelly, ex-conseillère au CSA, chroniqueuse à « Touche pas à mon poste ». Mercredi soir, l’ambiance dans l’hémicycle de la salle Colbert, où quelque 200 f amilles monoparentales étaient invitées, tranchait avec le formalisme de l’Assemblée nationale.

« Vas-y ma chérie », les encourageait Christine Kelly après avoir claqué la bise à l’animateur de TPMP Cyril Hanouna, passé en coup de vent, et annoncé « une place gratuite chez Eurodisney » aux familles présentes. Trois ministres – Christelle Dubos, Mounir Mahjoubi et Marlène Schiappa – et plusieurs députés assistaient au débat.

Logement, garde d’enfant, allocations familiales…

Que réclament ces familles ? En priorité un accès au logement, suivi d’une aide pour faire garder les enfants au-delà de six ans. Actuellement, le CMG, ou complément de libre choix du mode de garde, est versé aux parents d’enfants de moins de trois ans, selon un barème de ressources. La mise en place d’horaires décalés dans les crèches figure également dans le « top 5 » des revendications, devant l’attribution d’allocations familiales dès le premier enfant sous condition de ressources. Environ 56 % des familles monoparentales n’ont qu’un seul enfant, observe Christine Kelly, qui avait déjà fait cette proposition il y a six ans devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

« Je comprends cette question mais l’universalité est la base de notre politique familiale », a indiqué jeudi Christelle Dubos, précisant que « le gouvernement n’avait pas prévu de rouvrir cette question sensible ». Le recouvrement des pensions alimentaires avec un prélèvement à la source figure parmi les priorités : 40 % des pensions sont irrégulièrement ou pas versées.

Les propositions vont être portées à l’Elysée

Christelle Dubos rappelle que les caisses d’allocations familiales ont mis en place un service de recouvrement des pensions alimentaires. Dans la salle, personne ne semble le connaître. « Quand vous êtes dans une famille monoparentale, il faut être bac + 20 de l’aide sociale pour y arriver », reconnaît Mounir Mahjoubi. « On a un devoir de simplifier tout ça », ajoute-t-il, signalant au passage le site mes-aides.gouv.fr. Le taux de non-recours oscille entre 30 et 40 % selon les aides, relève Christelle Dubos, qui cite les travaux en cours pour un dossier unique.

Christine Kelly va porter la semaine prochaine les cinq propositions clés du débat à l’Elysée. Début 2013, elle avait remis dix propositions à François Hollande en faveur des familles monoparentales. « Force est de constater qu’aucun réel progrès n’a été fait », regrette-t-elle.