Une députée propose de passer le permis dès 17 ans en conduite accompagnée

EXAMEN La députée propose aussi de passer le permis pendant le futur service national universel, afin d’en réduire les coûts

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration du permis de conduire.
Image d'illustration du permis de conduire. — A. Gelebart / 20 Minutes

Pouvoir passer son permis 17 ans ou durant le futur service national universel (SNU)… Un rapport parlementaire, présenté ce mardi, propose des pistes pour réformer le permis de conduire, examen jugé trop coûteux et long à obtenir. Premier examen de France (1,51 million de candidats en 2017), le permis de conduire est un enjeu de société.

« La route est la première cause de mortalité chez les jeunes, un quart des jeunes renoncent à un emploi faute de permis, les délais – même s’ils ont été rabaissés — restent d’au moins un mois ou deux et entraînent des surcoûts, il y a de fortes disparités régionales… », énumère la députée Françoise Dumas, l’auteure du rapport, à l’AFP. « Nous voulons garantir dans le temps et sur tout le territoire une formation de qualité et accessible, en termes de coûts et de délais », résume-t-elle.

Faire décoller la conduite accompagnée

Un des leviers préconisés est d’encourager à la conduite accompagnée, « dispositif qui fait l’unanimité » avec un taux de réussite de 74,24 % mais qui ne représente qu’un quart des permis délivrés. Pour cela, la parlementaire propose d'« expertiser l’abaissement à 17 ans de la limite d’âge pour la délivrance d’un permis B, valable uniquement sur le territoire national » pour les apprentis ayant validé ce dispositif. Aujourd’hui, un jeune qui a suivi la conduite accompagnée peut obtenir le permis à 17 ans et demi, mais ne peut conduire seul avant sa majorité.

Les modalités de cette « expertise » restent encore à définir. Il conviendra notamment d’en « expertiser les limites », souligne Françoise Dumas, avec la possibilité de restrictions sur la conduite de nuit ou pour certaines routes. Pour pallier le manque de disponibilité des familles pour encadrer les apprentis conducteurs, il faut développer un « vivier d’accompagnateurs » bénévoles. « Cela existe déjà mais ça ne se sait pas. Ce pourrait être des jeunes issus du service civique ou des professionnels à la retraite », suggère-t-elle.

Un permis gratuit pendant le SNU

L’éducation routière doit être développée dans le cadre d’un « continuum éducatif » durant la scolarité. Pour financer ensuite le passage de l’examen, dont le coût moyen s’élève entre 1.600 et 1.800 euros, le rapport propose notamment de l’intégrer au SNU, qui sera lancé en juin. Les jeunes auraient la possibilité de passer le code « auprès d’un opérateur agréé », avec un coût « pris en charge par l’État ».

Ceux qui suivent le SNU « volontaire de longue durée », tout comme ceux qui s’engagent dans la réserve nationale et le service civique, auraient la possibilité de « passer l’épreuve pratique du permis de conduire, pendant cette période, à titre gratuit ». Cette dernière possibilité pourrait constituer « un atout majeur » pour inciter au volontariat, relève le rapport. Mesure plus polémique, le rapport veut revoir l’agrément des auto-écoles, pour lui donner une portée nationale et non plus départementale.

Cette disposition suscite une farouche opposition des auto-écoles, qui ont manifesté lundi pour dénoncer cette porte ouverte aux plateformes en ligne de mise en relation entre élèves et moniteurs synonymes d'« ubérisation » et de « dumping social ». « Il y a une place pour tout le monde », estime de son côté Françoise Dumas : « Les auto-écoles ont un maillage sur le territoire qu’il faut absolument préserver, qui est gage d’accessibilité et de qualité, mais qui doit être plus structuré ».