A quoi ressembleront les nouvelles écoles internationales, voulues par Jean-Michel Blanquer?

EDUCATION La création de ces établissements fait partie du projet de loi « Pour une école de la confiance », débattu à l’Assemblée nationale cette semaine

Delphine Bancaud

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Des élèves devant  l'Ecole européenne de Strasbourg.
Des élèves devant l'Ecole européenne de Strasbourg. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Le projet de loi « Pour une école de la confiance » débattu à l’Assemblée nationale cette semaine, prévoit le développement de ces écoles internationales.
  • Ces établissements permettront de suivre une scolarité multilingue, de la maternelle jusqu’au bac.
  • Mais certains syndicats craignent qu’elles soient l’apanage des élèves issus de milieux favorisés.

Des établissements d’excellence où les langues seront mises à l’honneur. Le projet de loi « pour une école de la confiance » qui est débattu cette semaine à l’Assemblée nationale, prévoit la création des établissements publics locaux d’enseignement international (Eplei). 20 Minutes vous explique à quoi elles ressembleront.

Pourquoi créer de telles écoles ?

Les Eplei ont été inspirés par l’école européenne de Strasbourg (Bas-Rhin), ouverte en 2015, qui accueille les enfants dont les parents travaillent dans les institutions européennes et ceux ayant comme langue maternelle une langue européenne autre que le français. « Ces écoles seront un levier majeur d’attractivité nationale et internationale et valoriseront des parcours d’excellence orientés vers l’international », explique à 20 Minutes, l’entourage du ministre de l’Education.

Avec le Brexit, la France ne veut pas rater le coche et souhaite ainsi réussir à attirer les familles européennes quittant le Royaume-Uni. « Nous avons besoin de ces écoles spécifiques pour des enfants qui ne parlent pas forcément le français. Et pour des familles qui cherchent un semblant de continuité pédagogique d’un pays à l’autre », a d’ailleurs indiqué Fannette Charvier, rapporteure de la loi sur « l’école de la confiance » au Figaro.

Comment fonctionneront-elles ?

« Ces écoles accueilleront des élèves de la maternelle à la terminale, pour les préparer à l’option internationale du diplôme national du brevet et du bac ou au baccalauréat européen ou bien encore à la délivrance simultanée du baccalauréat général et du diplôme ou de la certification permettant l’accès à l’enseignement supérieur dans un État étranger », explique la rue de Grenelle. Le financement de ces Eplei pourra provenir de l’Union européenne, d’autres organisations internationales, de dons et de legs.

Où seront-elles créées ?

« La création des Eplei reposera sur la volonté des collectivités (communes, départements, régions », explique le ministère de l’Education. « Ce serait bien d’en avoir au moins un par académie et d’en implanter dans des territoires qui ont besoin de renforcer leur attractivité », a déclaré Jean-Michel Blanquer dans un récent entretien au Journal du Dimanche. « On sait déjà qu'une école européenne ouvrira ses portes à Courbevoie à la prochaine rentrée », indique l’entourage du ministre. Un projet d’école de ce type est également prévu à Lille et un autre pourrait voir le jour à Marseille. Une perspective qui ne séduit pas Stéphane Crochet, le secrétaire général du SE-Unsa : «L’ampleur que ces Eplei pourrait prendre nous inquiète. Nous sommes contre le fait qu’il y ait une école internationale dans chaque grande métropole car ce serait mettre en place une concurrence entre ce type d’établissements financés par des fonds publics et privés avec d’autres collèges et lycées publics», indique-t-il à 20 Minutes.

Comment seront recrutés les élèves ?

Selon le ministère, ces écoles ne seront pas l’apanage des fils de diplomates ou d’employés d’organismes internationaux. Mais les élèves du cru pourront aussi y postuler, à condition d’avoir un niveau en langue étrangère suffisant pour pouvoir suivre les cours en anglais, allemand... Mais Stéphane Crochet craint que ces écoles n'accueillent au final qu’un public privilégié : «On sait très bien qui va candidater : des élèves qui ont eu la chance d’être envoyés en séjour linguistique par leurs parents. Rien ne dit que ces écoles vont rechercher la mixité», affirme-t-il.

Un amendement a toutefois été adopté en commission pour favoriser la mixité sociale et territoriale dans les Eplei. Il stipule que les recteurs devront «veiller à la mixité sociale au sein des établissements publics locaux d’enseignement international lorsqu’ils décident de l’affectation des élèves en leur sein».