VIDEO. Marseille: «Je trouve ça immonde», Lydia Frentzel moquée sur internet après les propos sexistes de Stéphane Ravier

SEXISME Lydia Frentzel, conseillère municipale à Marseille, subit moqueries et insultes sur internet depuis qu’elle a été victime de propos sexistes lors d’un conseil municipal

Adrien Max

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Lydia Frentzel, conseillère EELV à la mairie de Marseille.
Lydia Frentzel, conseillère EELV à la mairie de Marseille. — Lydia Frentzel
  • Stéphane Ravier, sénateur du Rassemblement national a eu des propos sexistes à l’encontre de Lydia Frentzel lors du conseil municipal de Marseille.
  • Depuis, Lydia Frentzel, conseillère municipale EELV, subit moqueries et attaques sur internet.
  • Sa réaction a permis à d’autres femmes de témoigner des attaques sexistes qu’elles rencontrent au quotidien.

« Ça ne s’arrête plus ». Depuis des propos sexistes adressés par le sénateur du Rassemblement National (RN) Stéphane Ravier à Lydia Frentzel (EELV) en plein conseil municipal de Marseille, l’élue écologiste subit un déchaînement de moqueries et d’insultes sur  internet.

Lundi dernier, Stéphane Ravier, pris à partie par la conseillère municipale, lui avait rétorqué un « au même hôtel, le même jour, à la même heure », provoquant les rires dans son camp. Le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin était allé jusqu’à préciser « en tout cas, ce n’est pas dans mon bureau, hein ».

« Je préférerais défendre mes idées »

La conseillère municipale, élue dans les quartiers Nord de Marseille, a depuis accordé plusieurs interviews sur cet incident. De quoi provoquer un déferlement de haine sur les réseaux sociaux. « Je suis caricaturée en forme de poupée sur un site internet. Je trouve ça dégueulasse, immonde », explique-t-elle.

Lydia Frentzel ne s’attendait pas à de telles conséquences: « Tout au long de notre parcours de vie et de notre parcours politique, on vit ce genre de choses. J’ai connu des déstabilisations en politique, c’est quelque chose de récurrent, mais des déstabilisations à ce point sur les réseaux sociaux pour donner raison à Ravier, je ne m’y attendais pas. »

Elle est surtout lasse de devoir perdre du temps pour contrer ces attaques. « Je préférerais défendre mes idées, défendre un modèle de société, des idées pour Marseille et les Marseillais plutôt que de me défendre personnellement », regrette Lydia Frentzel.

« Je n’avais jamais reçu de confidences aussi fortes »

Elle ne s’attendait pas non plus à ce que cette histoire prenne des proportions à l’échelle nationale, voire internationale. Sa nièce lui a téléphoné depuis Chypre pour la prévenir que des « choses » tournaient sur elle sur internet.

La présidente RN Marine Le Pen a quant à elle minimisé ce lundi, en déclarant ne pas vouloir de « police de la blague de mauvais goût ». « Mais ce n’est pas du mauvais goût, rétorque l’élue écologiste. Cette réflexion est sortie de son cœur, c’est un réflexe naturel qui défini ce qu’il est et ce qu’il pense. »

Conséquences de cet article la présentant comme « la nouvelle copine de Schiappa » en poupée gonflable, qui a tout de même été visité plus de 10.000 fois, Lydia Frentzel a décidé d’écrire au préfet pour demander la suppression du site.

Seul point positif, la réaction de l’élue, qui ne s’est pas démontée face à l’attaque de Stéphane Ravier, a permis de libérer la parole d’autres femmes. « Je reçois énormément de témoignages de sympathie, mais surtout d’autres femmes qui me font part de leur quotidien. Les langues se délient, des femmes m’écrivent de partout, même de Kabylie. Elles me confient leurs situations, professionnelles, personnelles. Elles me voient comme un exemple qui a réussi à dire stop. Je n’avais jamais reçu de confidences aussi fortes », relate l'élue, qui a annoncé la semaine passée avoir porté plainte contre Stéphane Ravier.