«Gilets jaunes» à Toulouse: Trois photographes sont persuadés d'avoir été visés par la police

ACTE 13 Trois photographes, qui couvraient l’acte 13 des « gilets jaunes » à Toulouse, affirment avoir été délibérément visés par des grenades de désencerclement

20 Minutes avec AFP

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Des affrontements sur la place du Capitole, à Toulouse, ici lors de l'acte 9 du 12 janvier. Illustration.
Des affrontements sur la place du Capitole, à Toulouse, ici lors de l'acte 9 du 12 janvier. Illustration. — F. Scheiber - Sipa

Une fois n’est pas coutume, c’est une photo de lui que le photojournaliste Valentin Belleville a postée. De sa cuisse tuméfiée plus exactement. Ces blessures ont été infligées place du Capitole, à Toulouse, le samedi 9 février, à l’occasion de l’acte 13 de la mobilisation des «gilets jaunes».

Le blessé et ses deux confrères, Ulrich Lebeuf qui travaille pour Libération et Eric Lerbret, sont persuadés d’avoir été visés « délibérément » par les forces de l’ordre vers 16h30 au moment où des échauffourées ont éclaté.

« Nous sommes tous les trois complètement isolés. Les manifestants sont à 50 mètres derrière, il n’y a aucun danger pour les forces de l’ordre, raconte Valentin Belleville sur sa page Facebook. Je suis le plus proche de la police, mes collègues sont juste derrière moi. Nous portons casques estampillés PRESSE, brassards, nos appareils sont imposants et visibles. Tout dégénère, deux grenades GLI-F4 [des grenades de désencerclement], chargées de TNT viennent d’exploser sur moi. »

L’IGPN avisée

« Nous sommes conscients des risques que nous prenons en couvrant ces manifestations, mais notre responsabilité s’arrête du moment où nous sommes délibérément visés », a réagi Eric Lerbret. « Je demande des explications, s’insurge de son côté Ulrich Lebeuf. Pourquoi des journalistes identifiés ont-ils été visés ? On sent clairement une tension des forces de l’ordre envers les médias, ceux qui ont les images ».

La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) indique que pour l’heure il n’y a « pas d’élément pour dire si, oui ou non, une grenade de désencerclement a été utilisée à cet endroit précis ». Dans son bilan de l’acte 13, la préfecture évoque cinq blessés parmi lesquels quatre représentants des forces de l’ordre.

Les trois photographes n’en resteront pas là. Ils ont fait un signalement à l’IGPN, la police des polices, et annoncent leur intention de déposer plainte.