VIDEO. Haute-Garonne: Ils sauvent des galgos, ces lévriers suppliciés par des chasseurs espagnols

ANIMAUX En Espagne, une tradition ancestrale condamne des milliers de lévriers au martyre à la fin de la période de chasse. En Haute-Garonne, une association recueille ces «galgos» et leur trouve des maîtres plus fréquentables

Helene Menal

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Un galgo dans un refuge, près de Madrid. Illustration.
Un galgo dans un refuge, près de Madrid. Illustration. — N. Calvo - VWPICS - Sipa
  • Les galgos sont des lévriers espagnols utilisés dans la chasse au lièvre.
  • Quand ils ne font pas le boulot, ils sont abandonnés, torturés pour certains.
  • En Haute-Garonne, l’association Galgos sans famille les rapatrie, les soigne, et leur trouve un nouveau foyer.

Les galgos, ces lévriers espagnols, ne cracheraient pas sur une vie de chien. La leur n’est qu’un calvaire, surtout en février, quand la chasse au lièvre ferme de l’autre côté des Pyrénées. Vulcana pourrait en témoigner. Elle le fait même, avec sa façon de s’enfoncer dans son fauteuil, craintive, comme pour disparaître, dès qu’elle aperçoit un étranger. Avant d’être accueillie à Trébons-sur-la-Grasse, près de Toulouse, sa vie n’a tenu qu’à un fil. A une corde plus exactement. « Elle était passée autour de son cou quand elle a été sauvée, raconte Guy Dedieu, son nouveau maître. Elle allait être pendue ».

Vulcana a été sauvée au moment où elle allait être pendue.

Le Haut-Garonnais préside depuis six ans l’association Galgos sans Famille. En lien avec six refuges espagnols, la structure s’échine à transférer, soigner et à faire adopter les fameux chiens martyrs des chasseurs (les « galgueros ») espagnols qui pratiquent la chasse au lièvre sans fusil.

Question d’honneur

En dehors des militants de la cause animale, leur calvaire reste méconnu. « Il est lié à une tradition ancestrale qui touche à la fierté des chasseurs. Si le chien a été mauvais, il doit être puni en proportion pour racheter l’honneur de son maître », explique Guy Dedieu. Les plus chanceux sont tout simplement abandonnés. Les autres sont torturés. « On les mutile, on les frappe, parfois on leur injecte des seringues d’eau de Javel », énumère Martine Dedieu, l’épouse de Guy.​

Février et le lévrier espagnol from Waggingtale Films on Vimeo.

D’après les associations, près de 50.000 galgos sont abandonnés chaque année en février, dont 20 % sont suppliciés. Ceux qui sont recueillis par la fourrière officielle sont euthanasiés au bout de quatorze jours. « Ils n’ont pas le statut d’animaux de compagnie. Ils sont considérés comme de simples outils, même s’il est depuis peu interdit de les entraîner en les tirant derrière des voitures », déplore Guy Dedieu en se réjouissant prudemment que « la jeune génération » commence à s’émouvoir en Espagne.

Escale nocturne

En attendant, les associations françaises se chargent du sauvetage. En 2018, Galgos sans famille a permis de rapatrier et de donner à l’adoption (moyennant 260 euros de frais, notamment vétérinaires) près de 180 chiens. « Les galgos sont tellement doux et affectueux qu’il n’est pas rare que les familles en prennent un deuxième », confie Guy Dedieu. Parfois, surtout en ce moment, il se lève en pleine nuit pour servir d’escale à un convoi de « galgos » en route vers un refuge du nord de la France ou vers des familles. Son rêve est d’ouvrir un refuge à Trébons. Il lui donnera le nom de Flyer, un chien que Martine et lui ont recueilli. Il avait été torturé et « nourri à l’huile de friture ». Il n’a pas survécu.