VIDEO. Incendie mortel à Lyon: La piste criminelle privilégiée après le sinistre qui a coûté la vie à une femme enceinte et sa fille

ENQUETE La piste d’un acte volontaire est privilégiée selon le procureur de la République de Lyon après l’incendie dans lequel une femme enceinte et sa fille de 4 ans sont décédées samedi soir à Lyon

Elisa Frisullo

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Lyon, le 10 février 2019. Une femme et sa petite fille sont mortes dans un incendie survenu route de Vienne samedi soir.
Lyon, le 10 février 2019. Une femme et sa petite fille sont mortes dans un incendie survenu route de Vienne samedi soir. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Samedi soir, une explosion suivie d’un incendie a eu lieu dans un immeuble de la route de Vienne, à Lyon.
  • Une femme enceinte et sa fille sont mortes dans le sinistre.
  • Au lendemain du drame, la piste d’un acte volontaire est privilégiée, selon le parquet de Lyon.

Une vive émotion et de nombreuses interrogations. Ce dimanche matin, alors que les pompiers s’activent encore sur les lieux du sinistre, de nombreux habitants, choqués et attristés, se relayent aux abords de l’immeuble ravagé. Samedi soir, une femme enceinte et sa fillette de 4 ans ont péri dans l’incendie de leur immeuble de deux étages, situé route de Vienne à Lyon. Au lendemain du drame, la piste d’un acte volontaire domine.

 

« Les premières investigations diligentées sous la direction du parquet de Lyon à la suite de l’explosion survenue dans une boulangerie du 8e arrondissement conduisent à privilégier la piste criminelle et l’hypothèse d’un acte volontaire », a indiqué ce dimanche le procureur de la République de Lyon, Nicolas Jacquet. « L’enquête a été confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lyon et se poursuit des chefs de dégradations volontaires par substance explosive ou incendiaire ayant entraîné la mort », a-t-il ajouté.

Le père de famille a sauté de l’immeuble en feu

Vers 20h30 samedi soir, une explosion a retenti dans une boulangerie située au rez-de-chaussée de ce petit immeuble situé au 125 route de Vienne. Le feu s’est rapidement propagé aux étages. Selon des témoins de la scène, pour échapper aux flammes, un homme a sauté de la bâtisse en flammes et a été réceptionné par des passants. Sa femme et son enfant, pris au piège, sont décédés dans l’incendie. Trois passants ont été légèrement blessés dans le souffle de l’explosion.

En regardant cette scène de désolation ce dimanche matin, Dylan, un étudiant domicilié dans l’immeuble voisin, peine à réaliser. « Je pense à cette femme enceinte et à sa petite fille. Je les croisais presque tous les jours. C’est affreux », confie le garçon. Au moment de l’explosion et de l’incendie, cet étudiant et son colocataire étaient rentrés chez leurs parents domiciliés dans l’Ain. « On n’a pas eu peur puisque nos garçons étaient avec nous. Il y a beaucoup de dégâts dans leur immeuble mais on ne pense qu’aux victimes », ajoute la mère de Dylan, dont le logement est inaccessible jusqu’à nouvel ordre.

Isabelle, la quarantaine, a tenu à venir ce dimanche matin avec sa fille sur le lieu de l’incendie toujours encadré d’un périmètre de sécurité. « Je préfère lui montrer ce qui s’est passé pour qu’elle comprenne. Ils vont en parler à l’école, on passe devant l’immeuble tous les jours, je voulais qu’elle voie la réalité plutôt que de la laisser s’imaginer des choses », indique cette Lyonnaise, domiciliée à quelques encablures de là.

« Qui peut mettre en danger la vie des gens comme ça ? »

Devant le cordon de sécurité installé par la police pour bloquer une partie de la rue à la circulation et aux passants, Karim fait les cent pas. En colère. « On entend dire que c’est criminel. Qui peut mettre en danger la vie des gens comme ça ? Pour cette famille, c’est vraiment terrible. Ce quartier est maudit », tempête-t-il, en référence aux trois immeubles de la route de Vienne qui se sont effondrés au printemps dernier. Des bâtiments situés à proximité de l’immeuble ravagé samedi soir.

« C’est sûr que cela s’enchaîne dans le quartier ces derniers mois. Ce sont des catastrophes très différentes, mais forcément ça nous plonge tous dans un climat triste et peu sécurisant », ajoute une habitante.