VIDÉO. Toulouse: Elle diffuse les cris insoutenables de sa voisine, battue par son conjoint

CAUCHEMAR En désespoir de cause, une Toulousaine a posté samedi l’enregistrement des cris déchirants de sa voisine apparemment battue par son conjoint

Helene Menal

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La cage d'escalier de Bellefontaine, à Toulouse, où les cris ont retenti.
La cage d'escalier de Bellefontaine, à Toulouse, où les cris ont retenti. — Sofia OIO - Twitter
  • Samedi une Toulousaine a diffusé sur les réseaux sociaux les cris déchirants de sa voisine battue.
  • Son témoignage a déclenché une vive émotion et une grande solidarité.
  • La victime supposée parle de dispute et a fermement refusé de déposer plainte.
  • Une enquête a été ouverte.

EDIT du 14/02/2019: Le parquet de Toulouse indique qu'après enquête aucune suite judiciaire ne peut être donnée à ces faits.

EDIT du 11/02/19: Cet article a été modifié après les précisions données par la police sur le fait que la victime supposée refuse fermement de porter plainte, évoquant une simple dispute.

« Je suis bouleversé. Elle halète (…) J’entends les coups pleuvoir ». Samedi au petit matin, Sofia, une féministe toulousaine, a créé une vive et salvatrice émotion sur les réseaux sociaux en postant les cris insupportables poussés par sa voisine sous les coups de son conjoint.

Elle dormait profondément dans son appartement de Bellefontaine quand, vers 4h du matin, les hurlements ont commencé. Ou plutôt re-commencé : Sofia avait déjà fait un signalement il y a quelques semaines, et ses voisins lui ont confié que les cris résonnent depuis au moins un an.

Samedi, elle est descendue deux fois tambouriner à la porte du couple. Elle a été vivement rabrouée et insultée par l’homme. Et le manège, insupportable, a recommencé. Sofia a donc appelé la police. « Une patrouille est venue, elle s’est contentée de relever les identités, raconte-t-elle. Elle n’est pas restée dans l’escalier pour un éventuel flagrant délit et, immédiatement après son départ, les cris ont repris ».

Des soutiens par milliers

La vidéo postée (que nous avons décidé de ne pas diffuser) date d’ailleurs de ce moment-là. « J’étais désespérée », souligne Sofia. Ses tweets et son récit ont été partagés des dizaines de milliers de fois, alertant jusqu’au cabinet de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, tandis qu’elle-même se démenait pour alerter le procureur, la mairie, la préfecture.

« J’ai été très étonnée d’être aussi lue et de recevoir autant de témoignages de soutien et de conseils, confie Sofia. C’est le signe que le travail de fourmi des féministes porte ses fruits et que les violences faites aux femmes ne sont plus cantonnées à la sphère privée, elles suscitent la solidarité ».

Elle a aussi dû éconduire un tas de twittos qui demandaient l’adresse pour faire justice eux-mêmes.

Sofia, à qui la préfecture a assuré via Twitter que le dossier était « en cours de traitement », a été convoquée dimanche au commissariat central de Toulouse pour témoigner.

Ce lundi, la police indique s’être rendue deux fois au domicile du couple après avoir été avertie des faits, puis de nouveau le dimanche. La victime supposée a « fermement refusé » à la fois de déposer plainte et de se rendre au commissariat, évoquant une simple dispute.

Une enquête a toutefois été ouverte et confiée aux enquêteurs de la sûreté départementale.