Edouard Philippe à Nantes le 8 février 2019
Edouard Philippe à Nantes le 8 février 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes

TRANSPORTS

Aéroport de Nantes: Edouard Philippe annonce des compensations pour la région (mais peu pour les riverains)

Le Premier ministre et la présidente de la région Pays de la Loire ont signé un «contrat d'avenir», ce vendredi matin

  • Les mesures concernent une quarantaine de projets, notamment en faveur des transports et de la mobilité
  • Mais c’est toujours le grand flou au sujet du réaménagement de Nantes-Atlantique et de la protection des riverains

Elles ont été formalisées dans un « contrat d’avenir », signé ce vendredi entre l’État et la région Pays de la Loire. Ce matin, le Premier ministre Edouard Philippe était à Nantes afin de dévoiler plusieurs mesures, plus d’un an après l’abandon du transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. L’objectif de la négociation avait pour objectif le désenclavement de la région des Pays de la Loire. Mais c’est toujours le grand flou au sujet du réaménagement de Nantes-Atlantique et de la protection des riverains.

Pourquoi ce contrat d’avenir ?

Après l’abandon du transfert, face à la colère des élus, le Premier ministre avait assuré qu’il serait très attentif aux conséquences, économiques notamment, de cette décision pour le territoire. Il a donc élaboré, avec la présidente de la région Christelle Morançais, 37 projets dont la majorité concerne les transports et la mobilité. Il est aussi question de numérique (comme l’accélération du développement de la 4G sur le territoire), de soutien à des projets universitaires ou de transition écologique. L’enveloppe globale n’a pas été chiffrée.

Quelles sont les mesures à retenir ?

Si peu de détails ont été donnés quant au réaménagement de Nantes-Atlantique (la concertation publique doit démarrer en juin), Edouard Philippe s’est engagé à améliorer la liaison avec les aéroports parisiens : la ligne TGV Nantes-Paris, trop souvent sujette à des incidents (intrusions d’animaux ou chutes d’arbres) sera rendue plus performante et plus régulière. « Les capacités pour l’accès aux aéroports de Roissy et Orly seront augmentées », ajoute-t-il.

Si aucun projet concret en lien avec l’aéroport rennais ne semble lancé, le Premier ministre a confirmé que les études pour la ligne ferroviaire Nantes-Rennes seront lancées entre 2019 et 2022. Une enveloppe supplémentaire sera attribuée pour des aménagements du périphérique nantais, comme « le passage à 2x2 voies de certains échangeurs ». La question d’un nouveau franchissement de Loire n’a, quant à elle, pas encore été tranchée. Enfin, plusieurs investissements routiers et ferroviaires vont concerner les départements de Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire et Vendée.

Quid des « compensations exemplaires » promises aux riverains ?

« Rien de nouveau sous le soleil », commente un élu local. Le Premier ministre a confirmé qu’un fonds d’indemnisation sera mis en place « avant la fin du printemps » pour protéger les riverains des nuisances, mais son montant reste encore à définir. Les maires du sud Loire, qui réclament au moins 70 millions d’euros, se disent déçus de n’avoir eu davantage de détails. Même s’ils ont eu la confirmation que l’interdiction des vols de nuit qu’ils réclament ferait bien partie des pistes retenues par l’État.

En attendant, le Premier ministre a annoncé « plusieurs chantiers d’amélioration » d’urgence de Nantes-Atlantique, qui a passé en 2018 le cap des 6 millions de passagers : 300 places de parking seront créées dès cet été, et 300 à l’été 2020. Des espaces de l’aérogare seront libérés.