Parcoursup: L’université des Antilles contrainte de rendre publics ses critères de classement

ENSEIGNEMENT Plusieurs organisations soupçonnent les universités de s’appuyer sur le lycée d’origine des candidats et de discriminer les jeunes de la banlieue parisienne

20 Minutes avec agences

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Photo illustration parcoursup; Credit:ALLILI MOURAD/SIPA/
Photo illustration parcoursup; Credit:ALLILI MOURAD/SIPA/ — SIPA

C’est une victoire pour l’Unef dans le conflit qui l’oppose à la plateforme Parcoursup. Le tribunal administratif de la Guadeloupe a « enjoint » l’université des Antilles de publier les algorithmes locaux utilisés sur Parcoursup pour classer les candidats à ses licences. Le syndicat étudiant avait dénoncé l’introduction d’une sélection pour accéder à l’établissement.

L’université va se pourvoir en cassation

L’université doit « communiquer » à l’Unef « les procédés algorithmiques utilisés dans le cadre du traitement des candidatures (…), ainsi que le ou les codes source correspondants », selon une copie du jugement de ce lundi 4 février, obtenue mercredi par l’AFP.

L’université des Antilles a répliqué qu’elle allait « former un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat, accompagné d’une demande de sursis à exécution ». Elle « constate » que l’analyse du tribunal administratif « diverge » de celle de la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), qui avait émis en janvier un avis défavorable à la communication des éléments demandés.

Le lycée d’origine pris en compte ?

L’Unef conteste les nouvelles modalités d’accès à l'université​, mises en œuvre à la rentrée 2018 à travers la plateforme Parcoursup, estimant qu’elles introduisent une sélection. Jusqu’alors, l’obtention du bac était la seule condition requise. En cas de demandes supérieures au nombre de places dans une licence, les candidats étaient tirés au sort.

Plusieurs organisations soupçonnent les universités de notamment s’appuyer sur le lycée d’origine des candidats et de discriminer les jeunes de la banlieue parisienne. Elles dénoncent aussi le manque de transparence des critères retenus par les universités pour classer les candidats.

Des « outils d’aide à la décision » selon la ministre

La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal parle, elle, d'« outils d’aide à la décision ». Comme la Conférence des présidents d’université (CPU), elle estime que le classement des candidats relève toujours de « la délibération du jury, souverain ».

Fin janvier, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait recommandé de rendre publics les critères précis à partir desquels les universités choisissent les bacheliers et les étudiants en réorientation dans chacune de leurs formations.

« La publication de ces informations ne porte pas atteinte aux principes de souveraineté du jury et du secret de ses délibérations », estimait le Défenseur. Il a demandé au gouvernement « de prendre les mesures nécessaires » pour « rendre publiques toutes les informations relatives au traitement, y compris algorithmique, et à l’évaluation des dossiers des candidats par les commissions locales des établissements d’enseignement supérieur ».