Grand débat à Lyon: Comment les collégiens sont associés pour formuler des idées

CITOYENNETE La Métropole de Lyon a demandé à 42 adolescents de formuler des propositions, qui seront ensuite transmises à Emmanuel Macron

Caroline Girardon

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42 collégiens de Lyon ont été invités à exprimer leurs idées afin d'alimenter le Grand débat national.
42 collégiens de Lyon ont été invités à exprimer leurs idées afin d'alimenter le Grand débat national. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Mardi après-midi, 42 collégiens de la Métropole de Lyon, issus de différents milieux sociaux, ont été invités à alimenter le Grand débat national.
  • Les idées qu’ils ont formulées seront transmises à Emmanuel Macron.
  • L’écologie et la solidarité sont les deux thèmes forts ayant émergé.

Comment les jeunes voient la France ? Et quelles idées ont-ils envie de soumettre au président de la République pour faire avancer la société ? 42 collégiens de Lyon et ses environs ont été invités, mercredi après-midi, à participer au Grand débat national. L’initiative a été lancée par la Métropole de Lyon.

« On s’est gratté la tête et on s’est demandé comment on pouvait favoriser la parole de ceux qui ne vont pas spontanément s’inscrire dans le Grand débat. On était face à une évidence : les jeunes ne sont pas présents dans nos concertations », observe David Kimelfeld, le président de la Métropole de Lyon. Et d’ajouter : « On fabrique leur futur sans prendre en compte leurs avis. Cela est pourtant paradoxal car ce sont eux qui vont profiter de ce que l’on est en train de construire aujourd’hui ».

L’écologie et la solidarité, sujets de prédilection

Répartis en plusieurs groupes, les adolescents, issus de différents milieux sociaux, ont bûché pendant plus de deux heures pour remettre leurs propositions, qui seront ensuite transmises à Emmanuel Macron. Quatre thématiques leur étaient proposées : la transition écologique, la citoyenneté, l’éducation et la solidarité.

Parmi les nombreuses idées (loin d’être saugrenues) proposées : détaxer les produits bios « pour les rendre plus accessibles », sensibiliser les enfants au tri dès les petites classes, attribuer les bourses d’étude « en fonction des résultats de l’élève et non du revenu des parents », former davantage les enseignants pour qu’ils appréhendent mieux la façon de travailler avec des enfants dyslexiques ou précoces. « Un professeur c’est comme un médecin. S’il donne les mêmes médicaments à tous ses patients, il va droit à la catastrophe. Il faut qu’il sache faire la différence entre chaque élève », développe Jonathan.

« Nos élus ont grandi dans un monde qui a beaucoup changé »

La proposition d’intégrer dans les programmes scolaires des temps consacrés au monde associatif a été également très largement développée. « L’idée serait, une fois par trimestre, de pouvoir passer trois jours dans un hôpital pour discuter avec ceux qui n’ont plus de contact avec l’extérieur. Ou s’engager dans une association pour donner un coup de main car aujourd’hui, le volontariat n’est possible qu’à la majorité », étaye une jeune fille de 14 ans.

« On a tous un SDF en bas de chez nous mais on n'en veut plus », lance de son côté Elora, 15 ans, scolarisée au collège Charcot. « Beaucoup de bureaux sont inutilisés. On pourrait les restaurer pour en faire profiter les gens qui dorment dans la rue », appuie Sigrid, 14 ans. « Si nos idées peuvent faire avancer les choses et aider, tant mieux », affirme Elora, satisfaite d’avoir apporté sa pierre à l’édifice. Et d’enfoncer le clou : « C’est en travaillant avec le Président qu’on peut insuffler un élan. Ce que n’ont pas compris les "gilets jaunes"… Même s’ils ont raison sur le fond ».

« Nos élus ont grandi dans un monde qui a beaucoup changé. La politique d’aujourd’hui est vieille. Nous sommes les citoyens de demain, alors c’est bien de pouvoir s’exprimer », conclut Jonathan.