Une station de métro de Marseille.
Une station de métro de Marseille. — Chameleons Eye / Rex Fe/REX/SIPA

TRANSPORT

Marseille: «Je ne l'ai jamais pris en 70 ans...», à quand un métro accessible aux handicapés?

A l’heure actuelle, seules quatre des 28 stations de métro de Marseille sont accessibles aux handicapés, dont aucune dans le centre-ville

  • Des travaux d’accessibilité vont être officiellement lancés ce jeudi à la station de la gare Saint-Charles, pour un montant de 25 millions d’euros, et une livraison annoncée pour 2024.
  • Mais la métropole ne sera probablement pas dans les délais tels que prévus par la loi en 2025.

« Je suis handicapé moteur, et je n’ai jamais pris le métro ​depuis que je vis à Marseille, soit en 70 ans. » L’aveu d’Albert Ribaldone, vice-président de l’association marseillaise Access Lib en faveur des handicapés, est édifiant. A ce jour, seules quatre des 28 stations de métro que compte la deuxième ville de France sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Elles sont toutes situées sur la ligne 1 et aucune d’entre elles ne se trouve dans le centre-ville de Marseille. De quoi susciter la colère de tous les usagers de la RTM pour qui les ascenseurs sont indispensables.

« J’étais déjà dans le premier comité pour l’accessibilité des transports en commun sous Gaston Deferre dans les années 1970, et ça n’a pas beaucoup changé depuis », soupire Albert Ribaldone. L’accessibilité des transports en commun est pourtant une obligation légale de longue date, et qui doit être effective d’ici 2025.

Des travaux à la station Saint-Charles

A Marseille, où le métro fête ses 42 ans, le retard pris en matière d’accessibilité est conséquent. « On est loin du compte, poursuit Albert Ribaldone. Et c’est difficile. Mettez-nous à notre place. Comment fait-on pour faire une course ? Il faut pouvoir entrer et en sortir, à moins de tourner en rond dans le réseau souterrain. La société qui a conçu le métro à Marseille est la même qui a conçu celui de Lille, totalement accessible. Cela démontre qu’il y a eu à un moment donné un choix politique. »

« Je ne veux pas regarder en arrière, il faut regarder vers l’avenir », estime la présidente LR de la métropole Aix-Marseille Provence. Martine Vassal le concède toutefois : beaucoup d’efforts restent à faire. « L’accessibilité est fondamentale et je veux en faire une priorité. » Des travaux vont être officiellement lancés ce jeudi à la station de la gare Saint-Charles, pour un montant de 25 millions d’euros, et une livraison annoncée pour 2024.

« Nous allons crée des ascenseurs »

« Nous prévoyons un élargissement des quais sur la ligne 2 pour en faire des quais plus confortables et plus sécuritaires, explique Yannick Tondut, directeur général adjoint des services de la métropole d’Aix-Marseille en charge de la mobilité. Nous allons créer des ascenseurs, et prolonger l’escalator du haut de la gare jusqu’en bas pour supprimer les marches à l’entrée de la station de métro. Toute la mezzanine va être repensée. »

A Dromel Sainte-Marguerite, selon la métropole, les travaux sont en phrase d’achèvement. La future station Capitaine Gèze, dont la date d’inauguration n’est pas encore connue, sera également accessible. Pour les stations Vieux-Port, La Rose, Timone, Jules-Guesde et Rond-Point du Prado, les travaux devraient être achevés en 2023. De quoi être en dans les clous pour 2025 ? « Sur la totalité du réseau, non », reconnaît Martine Vassal.

« Quand on a un budget, on définit des priorités »

Pour la présidente de la métropole, qui a également débloqué en tant que présidente du conseil départemental une enveloppe de 220 millions d’euros pour les transports sur le territoire de 2019 à 2021, un engagement concret du gouvernement est désormais nécessaire pour mener cette mission à bien. « Compte tenu de la volonté de l’Etat de rendre accessible la totalité des transports, je n’arrive pas à comprendre qu’il ne participe pas financièrement à ce renouvellement. On peut pas nous mettre au pain sec et à l’eau éternellement. »

En attendant, pour Albert Ribaldone et les autres membres de son association, c’est toujours la même galère. « Quand on a un budget, on définit des priorités, fait remarquer le vice-président d’Access Lib. Donc, de toute façon, une fois encore, le sort des handicapés n’est pas une priorité. »

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