Affaire Benalla: Mediapart remet sept enregistrements à la justice, dont un inédit

DOSSIER Dans cet enregistrement, Alexandre Benalla et Vincent Crase évoquent la destruction de preuves dans l'enquête qui les vise

20 Minutes avec AFP

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Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018.
Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018. — Thibault Camus/AP/SIPA

Mediapart a remis sept enregistrements aux juges qui enquêtent sur l’implication d’Alexandre Benalla lors des violences du 1er Mai. Si les six premiers extraits sonores avaient déjà été publiés dans un précédent article, le septième est un inédit, peut-on lire sur le site d'information. Enregistré le 26 juillet 2018, c’est une conversation entre l’ancien chargé de mission de l’Elysée et Vincent Crase, ex-responsable de la sécurité du parti La République en marche.

Lors de cette rencontre, ils regardent en direct la deuxième audition d’Alain Gibelin, le directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Les deux hommes, qui violent leur contrôle judiciaire leur interdisant de se rencontrer, évoquent aussi la destruction des preuves concernant l’enquête qui les vise.

« J’essaierais bien d’y aller cette nuit »

« Et on efface tout à chaque fois. T’as effacé tout ce qu’il y avait dans ton téléphone ? », demande Alexandre Benalla. « Tout ce qui concerne Velours… Bien sûr, bien sûr », répond Vincent Crase. « Chez les flics, ils ont pas pu regarder mon téléphone parce que je l’éteignais et je le rallumais à chaque fois. Ils n’ont pas mon code, hein. Pis, franchement, les trois flics, les trois flics n’étaient pas contre moi, loin de là même, le major qui a tenu l’enquête me disait que ça le faisait vraiment chier de faire ça. »

Vincent Crase évoque aussi la possibilité d’aller récupérer des preuves dans les locaux de la République en marche (LREM), où se trouvent « toutes ses affaires », avant une perquisition. « J’essaierais bien d’y aller cette nuit, mais le problème, c’est qu’il y a des flics devant… », ajoute-t-il. Mediapart révèle également que les deux hommes conversaient via les brouillons d’une messagerie dormante.

Le 31 janvier, Mediapart révélait un ensemble de nouveaux documents dans lequel le rôle d’Alexandre Benalla devient de plus en plus flou. L’ex-chargé de mission se vantait d’avoir le soutien inconditionnel du « patron » (Emmanuel Macron). Selon le site, l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron avait été personnellement impliqué dans l’élaboration d’un contrat de sécurité avec Iskander Makhmudov, un oligarque russe proche de Vladimir Poutine et soupçonné par la justice française de liens avec la mafia.