VIDEO. Marseille: Deux immeubles près de la rue d'Aubagne en cours de démolition, «ils ne peuvent plus tenir droit»

LOGEMENT Trois mois après l’effondrement mortel d’immeubles à Marseille, deux autres bâtiments à proximité de la rue d’Aubagne sont démolis, afin d’éviter que le scénario ne se reproduise

M.C. avec AFP

— 

Des ouvriers procèdent à la démolition d'immeubles rue de la Palud à Marseille
Des ouvriers procèdent à la démolition d'immeubles rue de la Palud à Marseille — Gérard Julien / AFP
  • Deux immeubles dégradés et qui font l'objet d'un arrêté de péril à Marseille sont en cours de démolition, par mesure de sécurité.
  • A 200 mètres de là, il y a trois mois, deux immeubles se sont effondrés rue d’Aubagne, provoquant la mort de huit personnes.
  • Depuis, près de 230 immeubles du centre-ville ont été touchés par un arrêté de péril.

Comme l'avait annoncé 20 Minutes la semaine dernière, confirmant une information de Marsactu, à Marseille, deux immeubles, situés à 200 mètres de la rue d’Aubagne, seront bientôt rayés de la carte. La démolition de ces bâtiments, aux numéros 41 et 43 de la rue de La Palud, a débuté ce mardi dans la matinée. Elle intervient exactement trois mois après le décès dans le même quartier de huit personnes sous les décombres d'immeubles effondrés.

Les deux immeubles de la rue de La Palud font l’objet d’un arrêté de péril grave et imminent pris le 24 janvier. Dans cet arrêté, des experts s’alarmaient de murs bombés et déformés, de contre-cloisons qui explosent et de fissures à tous les étages. Selon eux, l’un des bâtiment menace de s’effondrer et d’entraîner l’autre dans sa chute.

Déconstruction à la main

Ils vont être déconstruits « prudemment, à la main, ce qui va prendre plusieurs semaines », a expliqué sur place Julien Ruas, adjoint au maire de Marseille à la prévention et la gestion des risques. Mardi matin, les ouvriers commençaient à enlever les tuiles du toit des immeubles de trois et quatre étages.

Un seul des immeubles était encore occupé récemment par deux familles, l’autre avait été évacué en 2012. Depuis une dizaine de jours, les habitants des immeubles du numéro 39 au numéro 47 de la rue - une trentaine de familles selon la mairie - ont été évacués en prévention de l’opération de démolition.

Des immeubles qui « ne peuvent plus tenir droit »

Selon Julien Ruas, les numéros 41 et 43 « ne peuvent plus tenir droit et sont donc un danger à la fois pour les occupants et pour la population mais aussi pour les immeubles d’à côté ». La démolition de ces immeubles du XVIIIe siècle était la seule solution, car la mise en place d’un étaiement supplémentaire aurait « mis en danger ceux qui réaliseraient ces travaux », a assuré l’adjoint au maire.

Une décision contestée par l’association Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France, qui rappelle que les façades de ces immeubles sont classées comme « à conserver » dans le Site patrimonial remarquable de Marseille. Une action en référé a été intentée en justice, mais l’audience se tiendra seulement le 21 février, a indiqué l’avocat de l’association Me Eric Méry.

Plus de 2.000 personnes évacuées

Depuis le drame de la rue d’Aubagne, les arrêtés de péril se sont multipliés dans la cité phocéenne, et ont touché 230 immeubles du centre-ville. Plus de 2.000 personnes vivant dans ces bâtiments ont été évacuées.

Mardi, selon la mairie, 1.300 sont encore hébergés à l’hôtel tandis que 700 ont pu retourner chez elles ou ont trouvé un nouveau logement. Julien Ruas a indiqué que « dans 50 % des immeubles concernés par un arrêté de péril, les travaux ont été faits ou sont en cours de réalisation ».

​​​​