Aéroport de Nantes: Des élus demandent «la maîtrise du trafic aérien» pour «protéger les habitants»

AEROPORT Une vingtaine de maires, conseillers départementaux et élus, ont élaboré «sept résolutions» pour le devenir de l'aéroport Nantes-Atlantique et les populations riveraines

Julie Urbach

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L'aéroport Nantes-Atlantique
L'aéroport Nantes-Atlantique — JS Evrard/AFP
  • Plus d'un an après l'abandon du projet de transfert, une concertation publique doit être organisée quant à l'avenir de la plateforme aéroporturaire Nantes-Atlantique
  • Des élus, dont plusieurs maires de communes riveraines, demandent «la maîtrise du trafic», qui a dépassé en 2018 les 6 millions de passagers

Ils ont tour à tour pris la parole pour témoigner de cette démarche « solidaire ». Ce lundi midi, une vingtaine de maires, conseillers départementaux, ou autres élus du sud-Loire ont dévoilé leurs « sept résolutions » sur le devenir de l’aéroport Nantes-Atlantique. Un message commun formulé un an après l’abandon du transfert de la plateforme, qui a encore battu tous les records de fréquentation en 2018 (plus de 6 millions de passagers). Cet après-midi, les maires de Saint-Aignan, Rezé, Bouguenais, et Les Sorinières en feront part aux ministres de la Transition écologique et des Transports, lors d’un rendez-vous à Paris.

Alors qu’ils ont déjà récemment pris position contre la limitation des vols de nuit, les élus vont plus loin. Même s’ils rappellent qu’ils ne sont pas « opposés au développement économique », l’incroyable hausse du trafic aérien à Nantes les inquiète. « Nous n’acceptons et n’accepterons pas un développement illimité et non maîtrisé du développement du transport aérien sur notre territoire », indiquent-ils. « Le trafic aérien doit être maîtrisé pour protéger les habitants », a-t-il été dit, en présence d’élus de communes des alentours (comme Pont-Saint-Martin ou Geneston), mobilisés même s’ils ne sont pas encore directement concernés par les nuisances.

Martine Lejeune (maire de Bouguenais), Gérard Allard (maire de Rezé) et Jean-Claude Lemasson (maire de Saint-Aignan) sont reçus par François de Rugy ce lundi
Martine Lejeune (maire de Bouguenais), Gérard Allard (maire de Rezé) et Jean-Claude Lemasson (maire de Saint-Aignan) sont reçus par François de Rugy ce lundi - J. Urbach/ 20 Minutes

Car rien que pour 2019, l’ouverture d’au moins 20 nouvelles lignes a été annoncée, ce qui pourrait faire grimper le nombre de passager à plus de 7 millions. Et la DGAC parle déjà d’un potentiel d’agrandissement de Nantes-Atlantique à 15 millions de passagers… « Il faudra optimiser les infrastructures mais pas pour absorber une telle évolution », indique Jean-Claude Lemasson, le maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu. Les maires demandent d’ailleurs la création d’une instance, à laquelle ils seraient associés, dans le but de réfléchir à la stratégie aéroportuaire de Nantes-Atlantique.

La concertation publique reportée ?

Ainsi, et toujours dans l’optique de « protéger les populations », les élus annoncent qu’ils rejetteront toutes les hypothèses de réaménagement de l’aéroport qui impacteraient de nouveaux habitants ou aggraveraient les nuisances. Et notamment les hypothèses d’agrandissement de la piste. « Nous demandons à l’Etat, comme il l’avait évoqué, d’organiser ce réseau entre les aéroports de Rennes et d’Angers », insiste Martine Lejeune, la maire de Bouguenais.

Parmi les autres demandes, et alors qu’une concertation doit démarrer en mars ou avril (ou plutôt en juin-juillet, annoncent les élus), les maires des communes riveraines demandent un report de plusieurs mois, le temps de mener de nouvelles études environnementales, à propos des nuisances sonores mais aussi de la qualité de l’air. Pour cela, ils souhaitent « des stations de mesure du bruit supplémentaires » afin de mieux connaître les effets de ces nuisances sur la santé des habitants concernés.