Grand débat national: Un référendum «n'est pas encore à l'ordre du jour», selon le Premier ministre

VOTE Selon le «Journal du dimanche», Emmanuel Macron serait «prêt» à convoquer un référendum à l’issue du grand débat national

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe à Matignon, le 18 janvier 2019.
Edouard Philippe à Matignon, le 18 janvier 2019. — AFP

Un référendum le jour des élections européennes ? C’est l’une des solutions envisagées par Emmanuel Macron pour mettre sortir de la crise des « gilets jaunes », révélait ce week-end le Journal du Dimanche qui a recueilli des « confidences de ses proches ». Ce lundi pourtant, l’option a été nuancée par le Premier ministre, Edouard Philippe.

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« Il y a un grand débat qui est en cours (…), la question de savoir dans quelles conditions, sur quelles propositions nous sortirons du débat est une question qui n’est pas encore à l’ordre du jour », a lancé sans autre commentaire a déclaré le Premier ministre, Édouard Philippe, lundi devant la presse lors d’un déplacement à Beauvais consacré à la prime d’activité.

« Tout est sur la table »

La veille pourtant, le JDD écrivait : « Selon les confidences de ses proches, le président de la République est prêt à convoquer un référendum le jour des élections européennes, le 26 mai, pour s’extraire de la crise des «gilets jaunes» », le chef de l’Etat tente en effet de reconquérir l’opinion après deux mois et demi de fronde sociale et de manifestations tous les samedis.

La ou les questions posée(s) aux Français à l’occasion d’un tel référendum pourrai(en)t notamment porter sur des sujets institutionnels, comme la réduction du nombre des parlementaires, la reconnaissance du vote blanc et la limitation du cumul des mandats dans le temps. « Tout est sur la table, mais rien n’est décidé », a réagi dimanche l’entourage du président.

Jeudi, Emmanuel Macron a confié à plusieurs journalistes que la question d’un référendum ferait « partie des sujets discutés » et devait « être cogitée ». La concomitance entre un tel référendum et un scrutin européen jugé comme déterminant pour l’avenir de l’UE ne serait pas sans difficulté.

« Aucun tabou, aucun interdit »

Un ministre, qui préférerait un référendum à questions multiples en juin, ou en septembre, insistait cette semaine sur le défi logistique que représenterait ce double vote. Sans oublier qu’il risquerait d’éclipser les enjeux européens si chers à Emmanuel Macron. « Je souhaite qu’on parle d’Europe le 26 mai », a d’ailleurs relevé dimanche la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, prenant clairement ses distances. Selon elle, le président Macron n’a « pas encore pris sa décision ».

D’autres redoutent un vote sanction contre le gouvernement, quatorze ans après le « non » français au référendum de 2005 pour une Constitution européenne. « Il n’y a aucun tabou, aucun interdit pour le chef de l’État, mais il faut évidemment attendre la fin du débat avant d’envisager quoi que ce soit », souligne le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat, dans le quotidien régional Ouest-France dimanche.