«Gilets jaunes» à Bordeaux: Nouveaux heurts en marge de la manifestation lors de l'acte 12

SOCIAL Au moins dix-sept personnes ont été interpellées samedi

M.B. avec AFP

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17 personnes ont été interpellées samedi en marge de l'acte 12 des
17 personnes ont été interpellées samedi en marge de l'acte 12 des — GEORGES GOBET/AFP
  • Avec 4.000 personnes, la mobilisation des «gilets jaunes» a été un peu moindre que d'habitude, samedi à Bordeaux.
  • Comme tous les samedis depuis le mois de novembre, de nouveaux heurts ont éclaté en fin de manifestation.
  • Les forces de l'ordre ont dû faire usage de LBD, une arme qui fait l'objet de vives critiques ces derniers temps.

L'acte 12 des « gilets jaunes » à Bordeaux, où la mobilisation était légèrement moindre, a suivi samedi une routine désormais bien établie : un cortège qui défile dans le centre-ville au milieu des passants et une fin de manifestation qui se termine par des violences, menant à 17 interpellations.

Au moins 4.000 personnes, selon une estimation de l’AFP car la préfecture ne donne plus de chiffres, se sont rassemblées comme tous les samedis sur la place de la Bourse avant d’errer sur les grandes artères de la ville sans plan préétabli.

Des étudiants en tête de cortège

C'est une mobilisation moindre que les 5.000 recensés la semaine dernière, ou que le record de 6.000 (chiffre préfecture) mi-janvier. Mais cela consacre tout de même Bordeaux comme un des bastions résistants du mouvement, dont les effectifs sont gonflés par la participation de « gilets jaunes » venus de tous les départements voisins, où n’existe aucune grande ville.

Avec l’appoint de quelques dizaines d’étudiants en tête de cortège, les « gilets jaunes » ont défilé aux cris de « Macron démission », appelant également à la grève générale du 5 février, des macarons de la CGT figurant sur plusieurs gilets, tandis qu’une poignée d’employés de l’usine de Ford Blanquefort, menacée de fermeture, s’étaient joints à la manifestation.

Plusieurs portaient un bandeau sur l’œil ou du maquillage figurant un coquart, une allusion aux blessés du mouvement par les lanceurs de balles de défense (LBD) tirées par les forces de l’ordre.

Deux voitures brûlées et des boutiques vandalisées

Comme tous les samedis sans exception, ce cortège a fini par converger vers la place Pey-Berland, bordée par la cathédrale et la mairie, où la veille le Premier ministre Edouard Philippe était venu rencontrer son mentor Alain Juppé, et écouter les commerçants, sinistrés par ces manifestations à répétition qui font chuter leurs chiffres d'affaires.

Visées par toutes sortes de projectiles, les forces de l’ordre ont répliqué avec des LBD tandis qu’au moins deux voitures ont été incendiées, des boutiques pillées ou vandalisées et du mobilier urbain détruit, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont aussi vu quelques blessés. Dix-sept personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

Surveillés du ciel par le désormais traditionnel hélicoptère des forces de l’ordre, les manifestants ont tenté de se replier sur une autre place de la ville, incendiant des barricades, mais ils ont été évacués par les gaz lacrymogènes.