Cyberattaque: Le gendarme français de la sécurité informatique craint un «cyber-Pearl Harbor»

HACKERS L'Anssi, le gendarme français de la sécurité informatique, met en garde contre deux menaces, «le vol de renseignements» et le «sabotage»

20 Minutes avec AFP

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Le logo de l'ANSSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, lors du dixième forum sur la cybersécurité, le 23 janvier 2018 à Lille.
Le logo de l'ANSSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, lors du dixième forum sur la cybersécurité, le 23 janvier 2018 à Lille. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Guillaume Poupard, le directeur de l'Anssi, le gendarme français de la sécurité informatique, qui redoute une « succession d’attaques massives surprises », a estimé dans un entretien donné au Parisien, ce vendredi, que tous les éléments techniques sont réunis pour un « cyber-Pearl Harbor ».

« Nous redoutons et souhaitons éviter une succession d’attaques massives surprises. Tous les éléments techniques sont disponibles, il ne reste plus qu’avoir la volonté et d’allumer la première mèche », a expliqué le directeur de l’Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques.

Des attaques qui visent, pour le moment, « à s’installer et surtout à étudier les systèmes informatiques »

Guillaume Poupard met en garde contre deux menaces, «le vol de renseignements»​ et le « sabotage ». « Le contexte géopolitique se dégradant, certains pays auront peut-être un jour la tentation de s’en prendre à nous avec des cyberattaques », a-t-il prévenu.

Le patron de l’Anssi explique avoir « détecté des attaques d’acteurs étatiques, privés ou terroristes, qui ne visent pas encore à détruire mais à s’installer et surtout à étudier les systèmes informatiques » dans trois secteurs importants : « l’énergie, les télécoms et les transports ». « Il faut par exemple anticiper les attentats terroristes qui impliqueraient dans dix ans un avion dont le système a été piraté », poursuit-il.

La Chine suspectée d’être à l’origine du scandale Huawei

Le gouvernement français a par ailleurs annoncé ce vendredi son intention de renforcer « la sécurité des réseaux mobiles » pour prévenir toute tentative d’espionnage ou de sabotage sur la prochaine génération mobile 5G.

Cette proposition intervient dans un contexte de méfiance à l’égard du numéro un mondial des équipementiers, le chinois Huawei, et de craintes quant à un possible usage de ses équipements par les services de renseignements chinois, exprimées notamment par les Etats-Unis.