Discrimination: La SNCF visée par l'inspection du travail

ENQUETE Une enquête interne est menée à la SNCF

C. Ape.

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Illustration d'un TER de la SNCF en gare de Lille Flandres.
Illustration d'un TER de la SNCF en gare de Lille Flandres. — M. Libert / 20 Minutes

La SNCF aurait-elle fait en sorte que d’anciens grévistes soient évincés par un sous-traitant ? L’entreprise ferroviaire, selon les informations du Parisien, est visée par une enquête de l’inspection du travail pour des soupçons de discrimination.

D’après le quotidien, la SNCF aurait listé une « quinzaine de noms » de salariés employés par un ancien sous-traitant (la société Lancry) pouvant être repris par le nouveau sous-traitant, Octopus, qui venait de remporter un appel d’offres pour le gardiennage de la Gare de Lyon, dans le 12e arrondissement de Paris. Les autres salariés, une centaine environ, devaient être affectés à d’autres marchés gérés par l’entreprise Octopus. 

Mais pourquoi une telle liste ? Le Parisien rapporte que la liste, soupçonnée d’être illégale, ne comporterait que des noms de salariés de la société Lancry n’ayant pas participé à une grève d’une durée de huit jours en 2017. Les salariés avaient ainsi débrayé pendant plus d’une semaine pour dénoncer leurs conditions de travail.

Enquête interne à la SNCF

L’inspection du travail, saisie par le syndicat SUD Rail, s’est rendue au siège de la société Octopus (anciennement nommée SNGST). Dans un courrier adressé au syndicat, l’inspection du travail indique après avoir ouvert une enquête qu'« il ressort des échanges […] au sein de l’entreprise SNGST auprès de représentants du dossier que le client (la SNCF) aurait donné des instructions sur les salariés à reprendre sur le site, et que la participation à la grève serait un critère de sélection. De même, il a été affirmé que la cliente avait ses exigences, donnait des avis positifs sur certains salariés qu’elle souhaitait garder sur le site ».

Le Parisien fait par ailleurs mention d’enregistrements vocaux qu’il a pu consulter. Dans ces enregistrements, réalisés par des salariés, ces derniers évoquent avec des cadres d’Octopus une liste rédigée par la SNCF. « Le message envoyé par la direction c’est : "Si vous faites grève on se débarrassera de vous lors du prochain appel d’offres" », affime Fabien Villedieu, délégué SUD Rail. Une « soixantaine d’adhérents SUD Rail » figurent sur la liste, selon ses affirmations.

Du côté d’Octopus, contacté par Le Parisien, on dément formellement ces allégations. La SNCF, quant à elle, indique d’une enquête interne va être menée et que les conclusions « doivent être rendues la semaine prochaine ».