Les associations demandent des comptes sur la scolarisation des enfants handicapés

INCLUSION Le gouvernement devrait faire des annonces sur les dispositifs d'accompagnement pour les écoliers handicapés en février

T.L.G.

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Enfants en situation de handicap, illustration.
Enfants en situation de handicap, illustration. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Le gouvernement a lancé en octobre une concertation visant à « rénover » les dispositifs d’accompagnement pour les écoliers ayant des besoins spécifiques tout au long de leur scolarité.
  • Une proposition de loi socialiste sur le sujet, étudiée ce jeudi à l’Assemblée, a été vidée en partie de sa substance par la majorité.
  • Des annonces devraient être faites en février par le gouvernement.

Quelle scolarité pour les enfants en situation de handicap ? Le gouvernement a lancé en octobre une concertation visant à « rénover » les dispositifs d’accompagnement pour les écoliers ayant des besoins spécifiques tout au long de leur scolarité. Quel statut pour les accompagnants d’élèves handicapés ? Quelle formation pour les enseignants ? Comment répondre à l’insatisfaction des parents ?

En octobre, la majorité avait retoqué une proposition de loi LR pour « l’inclusion des élèves en situation de handicap », déclenchant une polémique et la colère de François Ruffin dans l'hémicycle. La secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, avait promis des « annonces fortes » le 11 février 2019, à l’issue de la grande concertation. Ce jeudi, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi socialiste « pour une école vraiment inclusive », dont plusieurs articles ont déjà été retoqués en commission. L’occasion de revenir sur les enjeux autour de cette question.

Combien d’élèves handicapés sont scolarisés ?

Quelque 340.000 enfants handicapés sont scolarisés dans une école ordinaire, dont plus de la moitié nécessite un accompagnement spécifique, et 80.000 enfants sont dans des établissements médico-sociaux spécialisés.

« Ce sont les chiffres du gouvernement, mais la réalité est plus complexe car on ne sait pas si le mode de scolarisation de ces élèves comptabilisés correspond réellement à leurs besoins. Le gouvernement ne nous donne pas d’analyse qualitative de ces chiffres. Parfois un enfant va être compté car il est scolarisé en ULIS (Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire), mais en réalité, il attend depuis plusieurs années pour être réorienté dans un endroit qui correspond mieux à ses besoins », assure l’Unapei, fédération regroupant 550 associations bénévoles. « Ce que l’on sait, c’est qu’il y a une liste d’attente sur tous les dispositifs ».

« Cinq mois après la rentrée scolaire, aucun chiffre officiel n’a été communiqué concernant la scolarisation des élèves en situation de handicap. Le gouvernement et l’ensemble de la majorité semblent mépriser le droit à la scolarisation pour tous », dénonce ce jeudi l’APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés) par communiqué.

Quels sont les chantiers ciblés par le gouvernement ?

« Pour éviter les ruptures de parcours », Sophie Cluzel, a défini les « trois grands axes » de travail : « L’attendu des parents et des associations », « le métier d’accompagnant d’enfant en situation de handicap » (AESH) et « l’expérimentation des Pôles inclusifs d’accompagnement localisé ». Concernant les deux premiers, la secrétaire d’Etat a promis des « annonces fortes » le 11 février 2019, date qui coïncide avec l’anniversaire de la loi de 2005 qui a instauré un droit à la scolarisation pour tous les enfants et adolescents handicapés.

Le troisième, qui consiste à créer des pôles « inclusifs » mutualisant à l’échelle d’un établissement les moyens humains, matériels et thérapeutiques, doit aboutir à l’élaboration au printemps d’un « vade mecum » remis à toutes les académies en vue du déploiement de premiers « pôles » à la rentrée 2019, a précisé Jean-Michel Blanquer.

Que demandent les associations ?

Mieux formés, mieux rémunérés… La question du statut des accompagnants scolaires (auxiliaires de vie scolaire (AVS) ou les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH)) est un élément souvent évoqué. Mais pour l’Unapei, le problème est plus global.

« Il faut créer davantage de passerelles entre le médico-social, les professionnels du handicap et l’école. Cela demande une transformation plus globale de l’environnement des élèves handicapés, une adaptation des programmes », indique l’Unapei. « L’axe crucial est la formation des enseignants pour ne pas vivre le handicap comme une difficulté. Une plateforme en ligne va être lancée mais il faudrait des formations en présentiel. La réduction des effectifs dans les classes où se trouve un enfant handicapé permettrait aussi une meilleure inclusion. C’est une question de moyens mais Emmanuel Macron avait fait du handicap la priorité du quinquennat et pour l’instant le compte n’y est pas ».