Rhône: Face à la multiplication des décès sur les routes, l'Etat veut mobiliser autour de la sécurité routière

SECURITE ROUTIERE Alors que la mortalité a fortement progressé ces dernières semaines, le préfet à la sécurité s'est rendu à Percigones, près de Lyon, où des policiers forment des ados à la conduite de deux-roues motorisés

Elisa Frisullo

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Le 31 janvier 2019. Chez Percigones à Ternay, des motards de la police nationale forment des adolescents à la conduite de deux-roues motorisées.
Le 31 janvier 2019. Chez Percigones à Ternay, des motards de la police nationale forment des adolescents à la conduite de deux-roues motorisées. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Le préfet à la sécurité s’est rendu ce jeudi à Percigones, près de Lyon, où des policiers forment des ados à la conduite de deux-roues motorisés.
  • Cette visite intervient dans un contexte local marqué par la hausse des accidents mortels.
  • Depuis début janvier, sept personnes sont mortes, contre deux en janvier 2018.

Un nouveau drame de la route et un bilan qui s’alourdit. Ce jeudi, un motard a perdu la vie à Neuville-sur-Saône, au nord de Lyon, dans une collision avec un camion, a appris 20 Minutes auprès de la préfecture. Cet accident porte à sept le nombre de personnes mortes sur les routes du Rhône depuis le début de l’année, contre 2 en janvier 2018. « L’an passé, il y a eu 59 tués dans le département, un chiffre stable par rapport à 2017. Mais nous démarrons mal l’année », confirme David Clavière, préfet délégué pour la défense et la sécurité dans le Rhône, en visite ce jeudi à Percigones.

Depuis près de 20 ans, cette structure créée à Ternay, au sud de Lyon, forme des adolescents à la conduite de deux-roues motorisés et à la citoyenneté. Avec une spécificité qui en fait un centre unique en France. « Ici, ce sont des motards de la police nationale qui sont les moniteurs et qui forment les jeunes sur la piste », explique Serge Martinez. Ce policier à la retraite a fondé Percigones puis a passé le relais, il y a peu, à son neveu, Philippe Martinez, ancien motard de la CRS 46.

	Le 31 janvier 2019. Chez Percigones à Ternay, des motards de la police nationale forment des adolescents à la conduite de deux-roues motorisées.
Le 31 janvier 2019. Chez Percigones à Ternay, des motards de la police nationale forment des adolescents à la conduite de deux-roues motorisées. - E. Frisullo / 20 Minutes

Environ 17.000 jeunes formés en 18 ans

« Il faut éduquer les jeunes. Il faut qu’ils grandissent avec des valeurs pour devenir de bons citoyens de la route. La sécurité routière, c’est l’affaire de tous et cela doit commencer dès le plus jeune âge », estime Philippe Martinez, responsable de la structure. Depuis sa création, 17.000 jeunes ont été formés, soit 1.500 ados en moyenne par an, et 10.000 permis Apprentis motards ont été délivrés.

Sept heures de formation théorique et pratique sur circuit sont dispensées aux stagiaires. Des collégiens du Rhône pour la plupart, mais également des jeunes en difficultés sociales et scolaires et en situation de handicap. Un modèle qui semble intéresser la préfecture du Rhône, soucieuse d’endiguer la hausse du nombre de morts.

Le 31 janvier 2019. le préfet délégué pour la défense et la sécurité dans le Rhône, David Clavière s'est rendu chez Percigones à Ternay, où des ados sont formés à la conduite des deux-roues motorisées
Le 31 janvier 2019. le préfet délégué pour la défense et la sécurité dans le Rhône, David Clavière s'est rendu chez Percigones à Ternay, où des ados sont formés à la conduite des deux-roues motorisées - E. Frisullo / 20 Minutes

De récents accidents qui ont marqué les esprits

« Les deux-roues motorisés représentent 2 % du trafic mais 26 % des blessés hospitalisés. On voit bien ici l’intérêt d’une structure comme Percigones », ajoute le préfet David Clavière, soucieux d’aller plus loin. « Les accidents survenus récemment, notamment les deux jeunes piétonnes qui ont été tuées à Lyon, ont suscité une grande émotion. L’idée aujourd’hui, c’est de marquer les esprits et de ne pas laisser retomber l’émotion. Je crois que nous avons des messages à faire passer », ajoute-t-il.

Dans les prochains jours, le préfet à la sécurité a prévu de rencontrer les représentants de la Métropole et de la ville de Lyon pour établir un plan d’actions à mener rapidement. « Chacun a ses compétences. L’Etat, c’est la prévention et la répression. Les collectivités peuvent notamment réfléchir à des aménagements et les autorités en charge des transports peuvent intervenir sur la formation de leurs conducteurs », illustre-t-il.

« La ville reste un lieu de danger »

Les mesures qui seront actées doivent permettre d’éviter les drames en améliorant la cohabitation de tous les usagers de la route. « S’il n’y a pas cette sensibilisation, je crains de plus en plus les conflits d’usages. On valorise de plus en plus les modes doux (vélos, trottinette). Les piétons se sentent presque invincibles. Mais on oublie que la ville, c’est aussi des bus et des voitures, et que cela reste un lieu de danger ».