Affaire Preynat : Une Lyonnaise demande à François Ozon de retirer son nom du film

CINEMA Régine Maire, ex-membre du diocèse de Lyon, a comparu en janvier pour non-dénonciation d’agressions sexuelles…

C.G. avec AFP

— 

Un prêtre. (Illustration)
Un prêtre. (Illustration) — KONRAD K./SIPA
  • Régine Maire, ex-membre du diocèse de Lyon, a mis en demeure le cinéaste François Ozon dont le film sur l’affaire Preynat doit sortir le 20 février.
  • Elle demande que son nom soit retiré et exige de voir le film avant sa sortie.

Régine Maire, jugée récemment aux côtés du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d’agressions sexuelles, a mis en demeure le cinéaste François Ozon de retirer son nom du film qu’il a réalisé sur l’affaire Preynat.

Intitulé Grâce à Dieu, le film, qui doit sortir le 20 février, raconte la naissance de La Parole Libérée, association fondée par des victimes du père Preynat. L’un des anciens scouts, Alexandre Hezez-Dussot, est incarné à l’écran par l’acteur Melvil Poupaud.

« Elle veut savoir le rôle qu’on lui a fait jouer »

Régine Maire a appris dans la presse être représentée à l’écran sous son vrai nom dans le film, sans avoir été consultée, « alors que pour les victimes, ils ont utilisé un nom d’emprunt », déplore Xavier Vahramian, son avocat, précisant que sa cliente a demandé également « à visionner le film » avant sa sortie.

 

« Elle veut savoir » le rôle qu’on lui fait jouer, poursuit-il. Fin 2014, avant qu’Alexandre Hezez ne porte plainte contre le prêtre, cette bénévole du diocèse avait organisé une rencontre entre les deux hommes, élément central de sa comparution au procès.

« Avec le numérique, changer une bande-son c’est facile »

Le courrier de mise en demeure est parti mardi, ajoute l’avocat, confirmant ainsi une information du site internet de l’hebdomadaire La Vie. « Il faut voir la réaction que le producteur et le distributeur vont avoir. Avec le numérique, changer une bande-son c’est facile », considère Xavier Vahramian, qui dénonce une « atteinte énorme » aux droits de la personne et à la présomption d’innocence de sa cliente.

Poursuivie par les victimes pour ne pas avoir dénoncé les agissements du père Preynat à la justice, Régine Maire avait dans un premier temps, refusé de répondre aux questions du tribunal, préférant lire une déclaration. Le jugement doit être rendu le 7 mars, soit presque un mois après la sortie du film. Le parquet n’avait requis aucune condamnation à son encontre, et à celles des cinq autres prévenus.

Le père Bernard Preynat, lui, n’a pas encore été jugé pour l’agression des scouts. Son avocat avait également demandé à François Ozon de reporter la sortie du film après le procès.