Strasbourg: L'université n'augmentera pas, non plus, les frais d'inscription des étudiants étrangers

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Comme Clermont-Ferrand, Lyon 2, Aix-Marseille ou Rennes 2, l’université de Strasbourg rejoint la fronde et annonce ne pas vouloir appliquer l’augmentation de ces frais voulue par le gouvernement…

B.P.

— 

L'université de Strasbourg ne veut pas, non plus, appliquer la hausse des frais d'inscription des étudiants extra-européens. Illustration
L'université de Strasbourg ne veut pas, non plus, appliquer la hausse des frais d'inscription des étudiants extra-européens. Illustration — G.VARELA / 20MINUTES

Le mouvement a été lancé par une dizaine d'université du pays mi-janvier. Deux mois après l’annonce rapidement critiquée de l’augmentation prévue des frais de scolarité des jeunes extra-européens (de 170 à 1.770 euros à l’entrée d’une licence et 243 à 3.770 pour un master) dès la rentrée 2019, Aix-Marseille, Rennes 2 ou Lyon 2 ont notamment annoncé leur refus d’appliquer la mesure.

Jusqu’ici silencieux à ce sujet, le président de l'université de Strasbourg (Unistra) s’est joint à la fronde en évoquant des « inquiétudes […] partagées par l’ensemble de la communauté universitaire » de la ville face à son congrès ce mardi. Et Michel Deneken d’enchaîner : « Si l’application des frais d’inscription différenciés entre en vigueur en septembre 2019, je m’engage à soumettre au vote du conseil d’administration [prévu le 12 mars] des dispositions permettant aux étudiants internationaux de se voir appliquer les mêmes droits que les étudiants nationaux. »

« Pas les conditions d’une rentrée sereine » selon Michel Deneken

Pour se justifier, le président de l’Unistra a mis en avant une hausse « contre-productive » ou des demandes déjà « en baisse » et ce alors que Strasbourg est, selon lui, « parmi les plus attractives de France sur le plan international » avec « un des taux d’étudiants [étrangers] les plus élevés ». En préalable, Michel Deneken s’est toutefois réjoui de la « consultation » menée d’ici mi-février, mais en jugeant son échéance « trop tardive ». « Les incertitudes sur les modalités de son application ne garantissent pas les conditions d’une rentrée sereine », ajoute-t-il.

A sa présentation, la mesure a été justifiée par la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions d’accueil des étudiants étrangers et de financer davantage de bourses ou d’exonérations de droits d’inscription, qui bénéficieront, dans le même temps, à « 15.000 étudiants » venant de pays en développement (contre 7.000 aujourd’hui). « C’est la richesse [de l’Unistra] que d’être ouverte aux étudiants et aux chercheurs étrangers. Elle a été parmi les premières universités à accueillir des étudiants et chercheurs réfugiés », conclut Michel Deneken.