VIDEO. Immeubles effondrés à Marseille: La générosité des Marseillais pour les sinistrés ne faiblit pas

ENTRAIDE Près de trois mois après l’effondrement de deux immeubles à Marseille, les besoins des sinistrés restent importants…

Adrien Max

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Des habitants viennent récupérer quelques affaires dans leurs logements évacués à Marseille.
Des habitants viennent récupérer quelques affaires dans leurs logements évacués à Marseille. — Alain ROBERT/SIPA
  • Produit d’hygiène, meubles, loisirs, aide juridique, les besoins des personnes évacuées à Marseille restent importants, trois mois après le drame de la rue d’Aubagne.
  • Les bénévoles continuent de s’affairer à la tâche alors que les Marseillais se montrent toujours généreux.

Les besoins des près de 1.400 personnes évacuées restent grands, trois mois après le drame de la rue d’Aubagne. Le Secours populaire de Marseille organisait ce lundi une rencontre avec les sinistrés, afin de cibler au mieux leurs besoins. « Mandaté » par le Crédit Mutuel qui a collecté plus de 7.000 euros de dons, le Secours populaire a réuni bénévoles et familles à la mairie des 1er et 7e arrondissements afin d’aiguiller au mieux ces ressources.

« Ce qui ressort de nos échanges, ce sont surtout des besoins en termes de loisirs. Notamment des sorties pendant les vacances », explique Djawida Haibou, bénévole au Secours populaire du centre-ville. Les enfants vivent très mal les évacuations et le relogement dans les hôtels. Rachida est maman de deux enfants. « J’ai dû emmener mon fils de trois ans et demi à l’hôpital parce qu’il avait beaucoup de boutons. Ils m’ont expliqué qu’ils étaient dus au stress engendré par la situation », explique-t-elle.

« Se changer les idées, ça n’a pas de prix »

Elle a mis ses deux enfants au centre aéré pendant les vacances de Noël, et compte les remettre pour les vacances de février. « A chaque fois c’est un coût de 200, 250 euros. Je n’ai pas beaucoup de moyens mais ça leur permet de se changer les idées, et ça n’a pas de prix », relate Rachida qui vient juste d’être relogée.

« Nous constatons un épuisement psychologique et même physique lors de nos entretiens avec les sinistrés, ils doivent sans cesse faire des allers-retours. Lorsque nous leur avons distribué des tickets pour le cirque ou le cinéma à Noël, quel ne fut pas le bonheur des enfants », se remémore Nassera, une membre du collectif du 5-Novembre.

Les sinistrés manquent également de meubles et de vaisselle pour s’installer. C’est d’ailleurs le cas de Rachida. La générosité des Marseillais couvre une part de ces besoins. Les dons ont afflué massivement à la suite des effondrements, près de 9 tonnes de vêtements et de produits en tout genre ont été confiés à la Croix Rouge. Désormais, c’est Djawida qui s’occupe de la collecte. « Je vais à la rencontre des commerçants qui sont très généreux, et je confie directement les produits aux sinistrés à la cité des associations où ils viennent prendre leur repas », relate la bénévole.

Epuisement psychologique, et physique

Les produits d’hygiènes, notamment les couches qui coûtent cher, sont l’un des premiers besoins. Le collectif du 5-Novembre partage ce constat. « Il y a également des besoins en termes de blanchisserie, les sinistrés sont à l’hôtel depuis de longues semaines et ce n’est pas pris en charge. Une lessive peut coûter jusqu’à 9 euros avec le séchage », explique Nassera.

Le collectif a déjà organisé un concert de soutien en décembre, grâce auquel ils ont récolté environ 17.000 euros. Un nouveau concert est prévu le 9 février prochain. « Cet argent sera principalement fléché pour les besoins juridiques des évacués. Avoir recours à un huissier pour des constatations coûte cher, et seuls ceux qui ont de l’argent pourront aller jusqu’au bout des démarches », précise Nassera.

Mais des besoins urgents doivent également être gérés, comme pour cette dame âgée qui ne prenait plus son traitement contre le diabète. « Nous sommes allés lui acheter une robe de chambre et quelques affaires pour qu’elle puisse être hospitalisée. » Trois mois après le drame de la rue d’Aubagne, l’urgence perdure pour toutes ces familles.