Rennes: Une Nuit de la Solidarité pour compter les personnes à la rue

PAUVRETÉ L’opération aura lieu ce mercredi soir dans les rues de la capitale bretonne

Jérôme Gicquel

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Illustration d'une personne sans-abri prise en charge par une maraude du Samu Social dans les rues de Rennes.
Illustration d'une personne sans-abri prise en charge par une maraude du Samu Social dans les rues de Rennes. — Lionel Le Saux / Sipa
  • La ville de Rennes va organiser sa première Nuit de la Solidarité le 27 février.
  • L’opération consiste à recenser le temps d’une soirée le nombre de personnes vivant à la rue.
  • Les associations saluent la démarche et espèrent qu’elle sera suivie de mesures concrètes pour lutter contre la grande pauvreté.

Compter « les invisibles » de la rue. Prenant exemple sur Paris, Grenoble et Metz, la ville de Rennes organisera ce mercredi soir sa première Nuit de la Solidarité. Le temps d’une soirée, des bénévoles et professionnels de l’action sociale sillonneront les rues de la capitale bretonne pour recenser les personnes sans-abri. « Il s’agit d’avoir le diagnostic le plus précis possible sur ces personnes qui vivent à la rue en essayant de déterminer leur profil et de comprendre leur parcours », indique Frédéric Bourcier, adjoint en charge de la solidarité et de la cohésion sociale.

Car Rennes, comme toutes les grandes villes, n’échappe pas à la grande pauvreté. « C’est peut-être moins visible ici mais elle est quand même présente », reconnaît l’élu. Sur le terrain, les équipes seront munies d’un plan de chaque quartier et d’un questionnaire pour interroger, si elles les souhaitent, les personnes dormant dans la rue. Il s’agira de savoir si elles connaissent et fréquentent déjà les structures d’hébergement et d’insertion présentes sur le territoire. « C’est un moyen aussi de les orienter, notamment sur la question des soins », souligne Frédéric Bourcier.

« Un premier pas » pour l’association Un toit c’est un droit

Témoin quotidien de cette grande précarité, Armelle Bounya, de l’association Un toit c’est un droit, salue la démarche entreprise par la ville de Rennes. « Je sais bien que cela ne réglera pas tous les problèmes mais c’est déjà un premier pas », indique-t-elle. La militante, qui participera à l’opération, s’interroge toutefois sur ce qu’il adviendra des données collectées. « J’espère que cela débouchera sur des choses concrètes », poursuit-elle.

Elle estime aussi que ce recensement ne permettra pas d’évaluer l’ampleur de la pauvreté. « On ne verra pas toutes ces personnes qui bricolent et luttent au quotidien pour se loger. Elles ont certes un toit mais sont quand même en grandes difficultés », assure Armelle Bounya.