VIDEO. «Foulards rouges»: «Les “gilets jaunes” doivent comprendre qu’ils ne représentent pas le peuple»

REPORTAGE A l’appel de trois collectifs, plusieurs milliers de personnes ont défilé, ce dimanche à Paris, contre les violences des « gilets jaunes » et pour « défendre la République »…

Vincent Vantighem

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Paris, le 27 janvier 2019. Des militants défilent contre la violence de certains «gilets jaunes ».
Paris, le 27 janvier 2019. Des militants défilent contre la violence de certains «gilets jaunes ». — Alain JOCARD / AFP
  • Une marche républicaine pour la liberté était organisée ce dimanche.
  • Les organisateurs voulaient protester contre les violences commises par certains « gilets jaunes ».
  • Ce mouvement assure qu’il est apolitique et ne défend pas Emmanuel Macron.

La jeune femme regarde le ciel gris d’un air de dépit. Avant d’éclater de rire : « Au moins, avec nous, il n’y aura pas besoin de canon à eau ! » Plusieurs milliers de personnes – 10.500 selon la préfecture de police – ont défilé sous la pluie, dimanche à Paris, pour protester contre les violences qui ont émaillé les mobilisations des « gilets jaunes » et pour « défendre la République ». Parti peu après 14h de la place de la Nation, le cortège s’est dirigé vers la la place de la Bastille.

« Au départ, je trouvais que les ''gilets jaunes'' avaient raison dans leurs revendications, explique Jean-Philippe, un médecin de 50 ans venu de Metz (Moselle) pour l’occasion. Mais depuis qu’ils veulent “casser le système”, je les trouve insupportables ! Ce n’est plus possible. » Gérard, lui, ne les supporte plus depuis que certains d’entre eux ont « pissé sur la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe ». Avec son épouse, ce septuagénaire, président d’une société d’assurances, a donc défilé derrière une banderole « Stop à la violence ».

« On ne peut pas demander à changer de président comme ça »

Organisé par trois collectifs associatifs (Les Foulards rouges, les Gilets bleus et « Stop, maintenant, ça suffit ! »), le rassemblement se voulait apolitique, même si certains députés de la majorité avaient annoncé leur intention d’y prendre part. « Moi, je n’ai pas voté Macron au premier tour, lâchait ainsi Jacques, un avocat. Mais je manifeste pour défendre nos institutions. Que les ''gilets jaunes'' regardent à l’étranger ! En Italie ou au Venezuela ! Ils verront que nos institutions sont un joyau. Il faut les défendre, pas les attaquer. »

Consultant auprès de sociétés en difficulté, Paul, 27 ans, l’un des rares jeunes croisés dans le défilé, était sur la même longueur d’onde. « Je n’ai pas voté Macron. Mais il est élu ! On ne peut pas au milieu du mandat demander à changer de président comme cela. Il fallait voter quand c’était possible ! »

Tous avaient la volonté de défendre la « majorité silencieuse » face à la mobilisation des ''gilets jaunes'' qui, à leurs yeux, accaparent les médias depuis près de trois mois. « Ils sont 80.000, c’est très bien, justifie ainsi Jean-Philippe. Mais il y a 60 millions de Français. Les ''gilets jaunes'' doivent comprendre qu’ils ne représentent pas le peuple ! »

Une grosse présence policière

Quelques minutes plus tôt, une jeune femme hurlant « Macron démission ! » au passage des manifestants avait été copieusement huée, sous l’œil vigilant de très nombreuses forces de l’ordre. Soucieux de marquer leur opposition avec les ''gilets jaunes'', les organisateurs de la manifestation avaient d’ailleurs tenu à installer leur propre service d’ordre.

Ce dernier n’a pas été sollicité. Même lorsqu’un jeune « sympathisant de la cause des gilets jaunes » venu débattre avant que le cortège ne s’ébranle a été exfiltré après avoir haussé un peu trop le ton. A ce moment-là, l’un des organisateurs a hurlé à la foule sa colère : « Nous sommes en République. Laissons chacun s’exprimer. Ne faisons pas comme eux ! »