Seine-et-Marne: Leur usine va fermer, les salariés brûlent leur stock de papier sécurisé pour cartes grises

REBELLION « Toutes les douze heures, il y a une bobine qui part au feu », a déclaré le délégué syndical CGT…

20 Minutes avec AFP
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(Photo d'illustration) Les salariés de Jouy-sur-Morin détruisent une à une les bobines de papier à cartes grises pour faire réagir l'Etat.
(Photo d'illustration) Les salariés de Jouy-sur-Morin détruisent une à une les bobines de papier à cartes grises pour faire réagir l'Etat. — Patrick KOVARIK / AFP

Des salariés d’une usine sur le point de fermer à Jouy-sur-Morin dans l’est de la Seine-et-Marne ont commencé à brûler leur stock de papier sécurisé pour cartes grises afin d’interpeller l’Etat et obtenir des conditions de licenciement « décentes », d’après une source syndicale.

Mi-janvier, le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire de cette société spécialisée dans la fabrication de papier pour billets de banque et cartes grises, qui emploie 200 personnes dans l’usine de Crèvecoeur, à Jouy-sur-Morin (est de la Seine-et-Marne). Depuis, les salariés occupent le site qui doit fermer d’ici à la fin du mois. Ils s’estiment abandonnés par la direction et les pouvoirs publics.

Vers une pénurie ?

« Toutes les douze heures, il y a une bobine qui part au feu », a déclaré à l’AFP Patrice Schaafs, délégué syndical CGT et secrétaire du comité central d’entreprise de Arjowiggins Security.

Arjowiggins Security avait été vendue en avril par le groupe papetier français Sequana au fonds d’investissement suisse Blue Motion Technologies Holding. « On n’a plus d’espoir de sauver le site », indique encore Patrice Schaafs à l’AFP. « Mais on voudrait au moins que les gens partent » avec des indemnités « décentes ». Pour cela, les salariés attendent de l’Etat qu’il « verse de l’argent » ou « force un tiers comme (l’ancien propriétaire) Sequana » à le faire.

Le stock de papier sécurisé pour cartes grises est leur « monnaie d’échange », assume Patrice Schaafs. L’usine de Seine-et-Marne étant la seule à en produire en France, l’Etat pourrait connaître une pénurie, selon le délégué CGT. « Désespérés », ils ont déjà détruit plusieurs bobines.