«Gilets jaunes»: A quoi va ressembler le onzième samedi de mobilisation?

MOBILISES Les « gilets jaunes » entament leur onzième semaine de mobilisation samedi…

20 Minutes avec AFP

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Des "gilets jaunes" manifestent à Bordeaux le 20 janvier 2019.
Des "gilets jaunes" manifestent à Bordeaux le 20 janvier 2019. — SIPA

Grand débat, liste aux européennes, contre-offensive des « foulards rouges »… Les « gilets jaunes » manifestent pour la onzième semaine consécutive samedi, tiraillés par les querelles et les questionnements mais déterminés à afficher leur solidité face à un exécutif qui semble reprendre la main.

Pour contrer la séquence du grand débat ouverte par Emmanuel Macron, les « gilets jaunes » cherchent à renouveler leurs actions. Comme lors des précédents actes, plusieurs mobilisations sont prévues dans la capitale, dont une marche déclarée à la préfecture reliant les Champs-Élysées et la Bastille en passant par l’Assemblée nationale et Bercy, et une autre entre les places de la Nation et de la Bastille avec « une petite surprise à Benjamin Griveaux ».

A Paris, rond-point géant pour « nuit jaune »

Mais ce nouvel acte pourrait être marqué par la première « nuit jaune », dont l’idée a été relayée par Eric Drouet, l’une des figures de ce mouvement qui fait vaciller le gouvernement depuis plus de deux mois. « Il faut garder les manifestations déclarées, pour les personnes fragiles qui ont besoin d’être en sécurité et avoir autre chose à côté », a-t-il expliqué. Il a esquissé les contours d’une « nuit jaune » qui ferait de la place de la République un « rond-point géant » jusqu’à la fin du grand débat, sur le modèle des rassemblements citoyens de Nuit debout en 2016.

Le collectif « La France en colère » de Priscillia Ludosky, qui a rompu avec Drouet, organise également une « marche solidaire aux gilets jaunes des Territoires éloignés » samedi après-midi, entre le ministère des Outre-mer et le siège parisien de Facebook. A l’ultragauche, un appel a été lancé pour recréer un « black bloc » et un « cortège de tête », point de rendez-vous des militants anticapitalistes, antifascistes, autonomes et anarchistes lors des manifestations contre la Loi travail. A Bordeaux et Toulouse, places fortes de la mobilisation, les autorités redoutent des débordements après les spectaculaires violences des dernières semaines.

Grand débat et lettre ouverte

Cette semaine a été marquée par de nouvelles divisions internes, après l’annonce de la création par les « gilets jaunes » Ingrid Levavasseur et Hayk Shahinyan d’une liste « Rassemblement d’initiative citoyenne » aux européennes de mai. Eric Drouet, qui revendique le caractère « apolitique » du mouvement, s’est insurgé contre « une récupération abjecte » comme de nombreux autres « gilets jaunes ».

Le grand débat lancé par l’exécutif crée également des remous. Eric Drouet et son collectif « La France en colère !!! » refusent d’y participer. Priscillia Ludosky a pour sa part formulé des propositions pour y contribuer et faire naître « un nouveau souffle démocratique », dans une lettre ouverte signée notamment par une centaine d’élus locaux et de militants associatifs.

Des chaînes humaines et des « foulards rouges »

Ils demandent notamment la création d'« un observatoire » des débats et « d’une assemblée citoyenne » qui ferait des propositions donnant lieu à « un référendum à choix multiples » à l’issue des consultations. Au lendemain de l’acte 11, les « foulards rouges » défileront dimanche à Paris dans une « marche républicaine des libertés » pour faire entendre « la majorité silencieuse » et défendre « la démocratie et les institutions ».

« Les "foulards rouges", on sait très bien qu’ils sont pro-LREM », renchérit Céline Lang, une « gilet jaune » de Meurthe-et-Moselle. Mais pour certains, comme Yves Garrec, « gilet jaune » et « foulard rouge » ne sont pas forcément incompatibles. « Je suis à 100 % avec eux car j’ai toujours été contre toute forme de violences dans les manifestations », affirme ce gérant d’une entreprise de VTC à Toulouse. Dans plusieurs villes, des chaînes humaines de « gilets jaunes » sont organisées le même jour.