Réforme du lycée: Les élèves de seconde vont bientôt devoir choisir leurs spécialités

LYCEENS Pour les conseils de classe du deuxième trimestre, les élèves devront établir une première liste de quatre ou cinq spécialités…

20 Minutes avec AFP
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Lycée Condorcet à Limay dans les Yvelines (image d'illustration).
Lycée Condorcet à Limay dans les Yvelines (image d'illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

C’est bientôt l’heure du choix pour les élèves de Seconde. Dans quelques jours, ils devront exprimer des vœux de spécialités, mises en place depuis la réforme du lycée, qui supprime les séries. La mesure suscite toujours autant de questions et, parfois, des inquiétudes.

Cette semaine au lycée Montaigne à Paris, le proviseur Joël Bianco a convoqué toutes les classes de seconde pour une séance d’information. Objectif : expliquer et rassurer. La réforme du lycée doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine pour les élèves de première. Elle supprime les filières (littéraire, économique et social et scientifique), remplacées par un choix de spécialités.

Un choix définitif validé en juin

« C’est à la fois une chance pour vous et un exercice difficile : vous allez devoir choisir des spécialités qui correspondent à vos goûts, à vos capacités, et qui vous préparent au mieux aux études supérieures », lance Joël Bianco en préambule. Pour les conseils de classe du deuxième trimestre, prévus le plus souvent après les vacances de février, les élèves devront établir une première liste de quatre ou cinq spécialités parmi celles offertes par leur établissement (11 maximum). Le choix final de trois spécialités se fera au mois de juin.

« Est-ce que ne pas choisir les maths peut fermer des portes ? », interroge une élève. « L’enjeu, c’est de prendre les matières dans lesquelles vous vous sentez à l’aise, pour arriver dans l’enseignement supérieur avec le meilleur dossier possible », assure le proviseur. Il rappelle que les universités se sont récemment engagées à promouvoir la diversité des parcours scolaires et l’égale valeur des enseignements de spécialité. Même si elles n’ont pas encore toutes fait connaître leurs pré-requis.

La reproduction du système L, ES, S

A l’issue de la séance, les avis sont partagés. Pour Camille, la réforme « ouvre des portes ». « Avec les séries, je me serais sûrement sentie obligée d’aller en S, considérée comme la filière d’élite, alors que là, je vais faire des vœux en fonction de mes goûts », explique-t-elle. Sa camarade Pénélope est beaucoup plus circonspecte : « je veux faire médecine, mais rien ne m’assure que je pourrai y arriver sans les maths ». Même si son niveau est plutôt faible dans cette matière, elle ne veut pas prendre le risque d’y renoncer et choisira cette spécialité, avec « physique et sciences et vie de la terre ».

« On risque dans un premier temps d’assister à une reproduction des séries dans le choix des "triplettes" », estime Samuel Cywie, porte-parole de la fédération de parents d’élèves Peep. Il applaudit leur suppression, qui devrait mettre fin au bout de quelques années, il l’espère, à la suprématie de la filière scientifique. Mais il reconnaît que la mise en place de la réforme « questionne beaucoup ».

« Les cartes des spécialités sont arrivées très tard, ce qui a créé un climat anxiogène, le degré d’information semble fluctuant selon les lycées, et une partie des profs sont opposés à la réforme, ce qui peut insinuer le doute chez les familles », souligne Samuel Cywie. De nombreux enseignants et syndicats étaient de nouveau en grève jeudi pour réclamer, entre autres, le retrait de cette réforme.