Grand débat national: Une opportunité de se faire entendre face à un besoin d'actions concrètes dans les quartiers Nord

APPROPRIATION Le député LREM de Marseille Saïd Ahamada souhaite que le grand débat national soit l’occasion de se faire entendre pour les quartiers Nord…

Adrien Max
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La cité de Felix Pyat, porte d'entrée vers les quartiers Nord depuis le centre ville de Marseille
La cité de Felix Pyat, porte d'entrée vers les quartiers Nord depuis le centre ville de Marseille — Adlan Mansri/SIPA
  • Saïd Ahamada, député LREM des quartiers Nord de Marseille souhaite que le grand débat national soit l’occasion pour ces quartiers de se faire entendre.
  • Hassen Hammou, fondateur du collectif Trop jeune pour mourir, dans les quartiers Nord, considère qu’il est désormais temps d’agir plutôt que de parler, après le rapport Borloo.

Les habitants des quartiers Nord de Marseille vont-ils s’emparer du  grand débat national ? C’est en tout cas ce que veux croire Saïd Ahamada, député LREM des quartiers Nord et membre de la commission parlementaire sur la politique de la ville. « Ce grand débat est une opportunité pour ces quartiers de se faire entendre. Cette fenêtre de tir doit permettre de faire remonter leur revendication au plus haut de l’Etat, et rapidement », considère le député.

Selon lui, les quartiers Nord de Marseille ont toujours été un espace de débat entre les habitants. Le grand débat national doit donc désormais en être l’écho. « Il ne faut pas que les quartiers soient une nouvelle fois mis de côté, il y a la volonté d’y participer, de prendre la parole. Cette richesse et cette expertise doivent être prises en compte », souhaite Saïd Ahamada.

« Ce débat à déjà eu lieu »

Et les thèmes ne devraient pas manquer. « Nous ferons un bilan de ce qui sera remonté, afin d’examiner s’il y a des demandes spécifiques ou pas », souhaite-t-il. Selon lui, la laïcité, la désertification médicale, l’état des écoles, le logement social, sont autant de sujets dont les habitants s’empareront.

Hassen Hammou, fondateur du collectif Trop jeune pour mourir, dans les quartiers Nord, craint au contraire une énième consultation stérile.

Ce débat à déjà eu lieu, il a découlé sur le rapport Borloo rendu en octobre dernier. Pourtant, aucune suite concrète n’a été donnée », regrette-t-il.

Plus que des paroles, Hassen Hammou réclame des actes. Des actes qui, jusqu’alors, ne vont pas vers l’intérêt des quartiers : « Ce gouvernement a supprimé de nombreux dispositifs de la politique de la ville, pour simplement les remplacer par des emplois francs qu’il ne finance qu’à la marge. La participation de l’Etat dans ces quartiers ne cesse de se réduire. »

« Ils en ont marre d’être instrumentalisés »

Il ne se verrait donc pas s’asseoir à nouveau autour d’une table pour demander aux habitants des quartiers Nord ce qu’ils vivent. « Un travail colossal a été réalisé pour le rapport Borloo. Tout ce que j’ai pu en lire était dans le vrai, dans le concret. Je ne comprends pas qu’on n’y donne pas suite. La situation dans ces quartiers, on la voit. Le gouvernement doit accepter notre main tendue, il ne peut plus accumuler du retard et doit prendre la question à bras-le-corps », réclame-t-il.

Plus qu’un problème de débat et d’écoute, Hassen Hammou pointe le manque criant de moyens. « Désormais ces citoyens doivent être rassurés par des actions concrètes. Je ne pense pas qu’ils reviennent vers ce grand débat. Ils en ont marre d’être instrumentalisés. S’ils sont une énième fois consultés mais que rien n’est fait par la suite, cela aura pour seule conséquence de les éloigner encore un peu plus de la politique », assure Hassen Hammou. Le grand débat national doit prendre fin le 15 mars prochain.