Lyon: Comment Lyon et Barcelone vont travailler main dans la main face au risque terroriste

SECURITE Les deux métropoles ont reçu 3 millions d’euros de la commission européenne pour un partenariat de trois ans…

Caroline Girardon

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Lyon, le 12 décembre 2018. Le marché de la place Carnot à Lyon est placé sous haute sécurité suite à l'attentat de Strasbourg.
Lyon, le 12 décembre 2018. Le marché de la place Carnot à Lyon est placé sous haute sécurité suite à l'attentat de Strasbourg. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Les villes de Lyon et de Barcelone ont noué un partenariat pour renforcer leur sécurité. Elles recevront une enveloppe de 3 millions de la commission européenne.
  • Ce partenariat doit permettre aux deux villes d’échanger sur leurs expériences passées, d’expérimenter de nouvelles approches et d’acquérir de nouveaux équipements.

Comment faire face à la menace terroriste tout en maintenant les événements de grande ampleur sur un territoire ? Les villes de Lyon et de Barcelone ont décidé de plancher ensemble sur la question en nouant un partenariat autour de la sécurité. Un budget de trois millions d’euros leur sera alloué par la Commission européenne pour les trois prochaines années.

Le projet, baptisé « Secur’cities », doit permettre aux deux villes d’échanger sur leurs expériences passées, d’expérimenter de nouvelles approches et d’acquérir de nouveaux équipements comme des caméras de vidéoprotection.

Des caméras capables de reconnaître des plaques d’immatriculation

« Lyon est une ville référente pour nous dans ce domaine. Notre coopération va notamment faciliter la modernisation de notre système de vidéosurveillance, commente Ana Isabel Rodriguez-Basante, directrice de la prévention pour la ville de Barcelone. Les caméras, dont nous disposons, n’ont pas permis de livrer une analyse précise des images des attentats. Maintenant, on aimerait passer à un système numérique. »

De son côté, la métropole lyonnaise dit s’intéresser au « travail de lecture des plaques d’immatriculation », qui sera prochainement lancé dans la capitale catalane. Des caméras, embarquées dans les voitures des patrouilles de police, seront capables de reconnaître les plaques minéralogiques. « Ce qui permettra de croiser les informations avec nos bases de données pour détecter les voitures volées et suspectes », expose Ana-Isabel Rodriguez-Bastante.

Préserver la tenue de manifestations dans l’espace public

« Nous n’avons pas les mêmes compétences mais cela pourrait alimenter notre réflexion », répond Régine Poulet, directrice de la sécurité et de la prévention à Lyon. « On s’intéresse également de près aux caméras s’orientant au moindre bruit suspect [un cri, un tir] », poursuit-elle avant d’ajouter : « Cela n’a encore été testé ni à Barcelone, ni ici mais nous envisageons de le faire. »

Si l’objectif de ce partenariat est de « renforcer la prévention » des actes terroristes, il s’agit aussi de « préserver le caractère libre des espaces publics » en continuant à y organiser des manifestations. A Lyon, 1.300 événements ont été orchestrés dans l’espace public en 2018, que ce soient des vide-greniers de quartier, des marchés de Noël ou des festivals à grande échelle.

« On a, par exemple, transmis à nos voisins notre plan Orsec de 600 pages concernant la Fête des lumières, dévoile Jean-Yes Sécheresse, adjoint en charge de la sécurité. Même si la situation est difficile à Barcelone, cela reste un document utile à partager. »

Un catalogue des sites

Les deux métropoles envisagent d’éditer un catalogue de 50 sites « les plus sollicités » précisant les équipements nécessaires à leur sécurisation. « Cela devra permettre à certaines associations de savoir quelles rues sont habituellement fermées en configuration festive, combien d’agents privés doivent-elles prévoir pour gérer les flux, etc. », précise Régine Poulet. Ce document s’accompagnera notamment d’un guide pratique pour organiser des événements ou se faire prêter du matériel.

A terme, les deux villes devront rendre une vingtaine de rapports à la Commission européenne, qui n’a pour l’instant pas décidé d’intégrer d’autres métropoles à ce programme.