Occitanie: Pourquoi les accidents du travail sont plus nombreux dans cette région qu'ailleurs?

TRAVAIL Un plan régional a été lancé pour tenter de s'attaquer à cette problématique...

Nicolas Bonzom

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ILLUSTRATION BTP, le secteur où la baisse de l'emploi intérimaire est la plus importante (-15,3%).Le 06 12 06
ILLUSTRATION BTP, le secteur où la baisse de l'emploi intérimaire est la plus importante (-15,3%).Le 06 12 06 — G . VARELA / 20 MINUTES
  • En Occitanie, le nombre d’accidents du travail suivis d’un arrêt est supérieur à la moyenne nationale.
  • Du côté des maladies professionnelles, qui sont pour la plupart des troubles musculo-squelettiques, l’indice de fréquence est en revanche moins important en région Occitanie qu’ailleurs en France.
  • A travers un plan régional lancé en 2016, la Direccte et ses partenaires ont mis en place des mesures pour tenter de s’attaquer à ces problématiques,

En matière d’accidents du travail, l’Occitanie figure parmi les mauvais élèves. Dans la région, le nombre d'accidents du travail suivis d’un arrêt est supérieur à la moyenne nationale. En 2016, selon les derniers chiffres communiqués jeudi par la Direccte​ (Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), 54.825 cas ont été constatés en Occitanie, soit une hausse de 1,1 % sur un an.

Les accidents liés aux trajets étaient aussi en hausse cette année-là dans la région : 6.720, soit + 2,4 % par rapport à l’année précédente. Seuls les accidents graves (- 2,1 %) ou mortels (- 8,9 %) ont baissé. Les trois quarts des arrêts de travail sont liés à des mouvements du corps (porter, soulever, se baisser…) ou des chutes. Quant aux cas mortels, la moitié sont la conséquence d’accidents de la route, indique la Direccte.

« Prévenir plutôt que guérir »

« S’il y a autant d’accidents du travail en Occitanie, c’est lié au tissu économique du territoire, indique Christophe Lerouge, directeur régional de la Direccte. Les secteurs du bâtiment et de l’agriculture sont importants dans la région, et les petites entreprises, qui sont particulièrement touchées par cette problématique, sont nombreuses. »

Du côté des maladies professionnelles, qui sont pour la plupart des troubles musculo-squelettiques, l’indice de fréquence est en revanche moins important en région Occitanie qu’ailleurs en France. Les maladies suivies d’un arrêt (-1,2 %) et d’une incapacité permanente (- 6,7 %) ont d’ailleurs baissé en 2016 dans la région. Seules les maladies mortelles ont augmenté (19 cas ont été constatés en 2016, soit + 5,5 %).

A travers un plan régional lancé en 2016, la Direccte et ses partenaires ont mis en place des mesures pour tenter de s’attaquer à ces problématiques, qui ont « un coût humain insupportable, mais aussi un coût économique », reprend Christophe Lerouge. « Nous souhaitons prévenir, plutôt que guérir. » Parmi les actions lancées dans ce plan régional qui doit se poursuivre jusqu’en 2020, une prévention accrue des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques dans le monde agricole, la promotion de la « qualité de vie au travail » dans les entreprises ou la sensibilisation des patrons aux risques routiers.