Grand débat national: Chantal Jouanno estime qu'il «est faussé» et qu'il s'agit d'une «opération de communication»

TACLE Début janvier, Chantal Jouanno s’était retirée de l’organisation du grand débat, en raison d’une polémique sur son salaire... 

Manon Aublanc

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Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) à Issy-les-Moulineaux, le 9 décembre 2015.
Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) à Issy-les-Moulineaux, le 9 décembre 2015. — MIGUEL MEDINA / AFP

Trois semaines après son retrait de l’organisation du grand débat national, Chantal Jouanno sort de son silence. «  Le grand débat est faussé », a déclaré, ce vendredi sur LCI, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), qui a comparé la méthode choisie par le gouvernement à une « opération de communication ».

Début janvier, Chantal Jouanno s’est retirée de l’organisation du grand débat, en raison d’une polémique sur son salaire, et avait ensuite déclaré la fin de mission de la CNDP avec la publication le 14 janvier d’un rapport déconseillant de fixer des « lignes rouges ».

« Le grand débat se résume à un questionnaire sur quatre thèmes »

La plateforme internet préparée par la CNDP « était prête, sauf qu’en fait, ils ont tout refait », a raconté Chantal Jouanno sur LCI. « On n’avait pas prévu de faire une opération de communication mais un grand débat, donc on avait prévu de faire une plateforme numérique totalement ouverte, (…) où tout le monde pouvait échanger sur n’importe quel sujet ».

Selon elle, « le grand débat est faussé » : « Nous n’avions pas voulu que le grand débat se résume à un questionnaire sur quatre thèmes, nous avions dit "Aujourd’hui le grand débat se limite pour vous à la possibilité de ne débattre que des quatre thèmes et de ne répondre qu’aux questions qui sont posées par le gouvernement", ce n’est pas ça un grand débat », a-t-elle regretté.

« C’est un autre exercice, où vous choisissez les questions, qui sont forcément orientées »

« Le principe d’un débat public, ce n’est pas de poser des questions aux Français, c’est les Français qui vous posent des questions, c’est eux qui s’expriment, c’est eux qui disent ce qui leur tient à cœur », a-t-elle souligné. Le grand débat actuellement mené par le gouvernement est à ses yeux une « consultation ».

« C’est un autre exercice, où vous choisissez les questions, qui sont forcément orientées, forcément il y a toujours des biais dans les questions que vous posez. Là par exemple, si vous voulez travailler sur la question du travailleur pauvre et du pouvoir d’achat, il n’y a aucune question qui porte sur ce sujet ».