Rennes: Ce bar fait la chasse aux «relous» avec son cocktail anti-harcèlement

INITIATIVE Au Meltdown, les clients qui ne se sentent pas en sécurité peuvent commander L’œil d’Horus…

Jérôme Gicquel

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L'équipe du Meltdown a décidé d'agir contre le harcèlement.
L'équipe du Meltdown a décidé d'agir contre le harcèlement. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Rennes, les équipes du bar Le Meltdown ont inventé un cocktail fictif pour lutter contre le harcèlement.
  • Le client qui se sent en danger peut le commander à tout moment au comptoir.
  • Le nom du cocktail, l’œil d’Horus, sert de message codé pour alerter discrètement le barman si la situation dégénère.

Face au harcèlement, le bar Le Meltdown à Rennes a décidé d’agir. Son arme : l’œil d’Horus. Derrière cette formule assez mystique, inspirée de l’imagerie de l’Egypte antique, le nom d’un cocktail fictif. Ou plutôt un message codé pour alerter discrètement les barmans. « Si jamais un client te harcèle ou si tu ne te sens pas en sécurité avec quelqu’un, va au bar commander un œil d’Horus », est-il écrit sur l’affiche placardée dans les toilettes du bar.

Le principe du cocktail est affiché dans les toilettes de l'établissement.
Le principe du cocktail est affiché dans les toilettes de l'établissement. - J. Gicquel / 20 Minutes

C’est à l’initiative de trois habitués du bar, branché gaming et eSport, que le dispositif a été mis en place en début d’année. « Deux cas de harcèlement nous ont été rapportés ces derniers mois. Il fallait donc agir pour indiquer clairement qu’on ne tolérait pas ce genre de comportement ici », indique Franck Hillion, fidèle client du Meltdown. Pour chasser les « relous », ils se sont inspirés de la campagne Ask for Angela, née en Grande-Bretagne. Repris depuis à Rouen, ce mot de passe permet à des personnes qui se sentent menacées ou suivies de trouver refuge dans des bars partenaires.

« Que les clients se sentent en sécurité »

Au Meltdown, c’est le cocktail L’œil d’Horus qui fait office de message d’alerte. Une fois la boisson commandée, les équipes du bar tentent d’abord d’analyser la situation avant d’aller discuter avec la personne trop entreprenante. « Cela peut suffire des fois. Mais on peut aussi faire sortir la personne et lui dire de ne plus revenir », souligne Etienne, l’un des barmans.

Si la situation l’impose, la victime peut aussi être exfiltrée discrètement pour éviter la confrontation avec son agresseur et raccompagnée chez elle par un membre de l’équipe. « C’est important que les clients, notamment les femmes, se sentent en sécurité. Il faut surtout les déculpabiliser pour qu’elles n’aient plus peur de parler », ajoute Franck.

A la carte du bar depuis trois semaines, l’œil d’Horus n’a pour l’heure été commandé qu’une seule fois. Une fois de trop certes, mais l’initiative a été largement saluée sur les réseaux sociaux. Elle pourrait d’ailleurs inspirer le collectif Stop harcèlement de rue qui planche depuis plusieurs mois sur un projet de « bars sans relous » à Rennes. « Si d’autres bars veulent l’adopter, il n’y a pas de problème. On n’a rien inventé de toute façon », assure Franck.