Grand débat national: Les «gilets citoyens» font leurs propositions à Emmanuel Macron

LETTRE De nombreuses personnalités comme Priscillia Ludosky, figure des « gilets jaunes », Cyril Dion, le réalisateur écolo ou encore Laurence Tubiana, la négociatrice de la COP21, ont rejoint le collectif…

Manon Aublanc

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Les «gilets jaunes» ont manifesté à Paris le 19 janvier 2019 au départ de l'esplanade des Invalides.
Les «gilets jaunes» ont manifesté à Paris le 19 janvier 2019 au départ de l'esplanade des Invalides. — Thibault Camus/AP/SIPA

Ils veulent éviter l’échec du grand débat national. Le collectif Démocratie Ouverte, composé de «gilets jaunes», mais aussi d’écolos, d’élus locaux ou simplement de citoyens « concernés », a envoyé, ce mercredi, une lettre à Emmanuel Macron, révèle Le Parisien, ce mercredi.

Priscillia Ludosky, une des figures du mouvement des « gilets jaunes », Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, Cyril Dion, le réalisateur écolo du film Demain ou encore Laurence Tubiana, la négociatrice de la COP21, tous ont la même crainte : « Que le débat se transforme en énorme défouloir de colères, qui n’aurait ni queue ni tête », a expliqué, au journal, Mathilde Imer, la coprésidente de Démocratie Ouverte, et l’une des initiatrices de « l’affaire du siècle », la pétition dénonçant l’inaction climatique de l’Etat, qui a récolté plus de 2 millions de signatures.

« Ce grand débat est un moyen de nous endormir »

Pour le collectif, le deuxième risque, c’est celui de « l’enfumage ». « Il n’y a aucune garantie sur la transparence des débats et surtout aucun engagement concret du pouvoir sur les débouchés de cette consultation », a complété Mathilde Imer. « Tel qu’il a été lancé par Macron, ce grand débat est un moyen de nous endormir », a ajouté, de son côté, Grégory Signoret, un « gilet jaune » du Vaucluse.

Et pour éviter l’échec du grand débat national, le collectif a soumis quelques propositions au chef de l’Etat, dans sa lettre intitulée « Pour un nouveau souffle démocratique ». En premier lieu, la création d’un observatoire indépendant et transparent, dont les membres ne seraient pas nommés par l’Etat, ce qui est actuellement le cas des cinq « garants » du grand débat national.

Observatoire indépendant, assemblée citoyenne et RIC

Le collectif réclame également la mise en place d’une « assemblée citoyenne ». Composée d’une centaine de personnes tirées au sort, elle serait chargée de faire le tri entre toutes les propositions issues du grand débat national, avant d’organiser un référendum à choix multiple.

« Il y a un vrai engouement et une volonté d’apporter des solutions concrètes dont les citoyens peuvent s’emparer pour reprendre un peu de pouvoir », a expliqué Romain Slitine, politologue et coauteur du Coup d’Etat citoyen (La Découverte) au Parisien. « Il nous semble indispensable que le grand débat ne soit pas un moment isolé après lequel on reviendrait aux pratiques politiques traditionnelles », a prévenu le collectif dans sa lettre.