«Gilets jaunes»: Ces photos d’un conteneur lacrymogène de la police sont-elles authentiques?

FAKE OFF Sur Facebook, plusieurs publications relayent les photos d'un conteneur de gaz lacrymogène au nom de la police nationale...

Alexis Orsini

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Les photos virales du conteneur lacrymogène attribué à la police.
Les photos virales du conteneur lacrymogène attribué à la police. — capture d'écran
  • Des posts Facebook montrant un conteneur de gaz lacrymogène au nom de la police nationale suscitent de multiples réactions et partages.
  • Ils mettent en avant la mention « ne pas utiliser à bout portant » bien lisible dessus pour dénoncer des abus lors des manifestations de « gilets jaunes ». 
  • La police nationale confirme à « 20 Minutes » qu'il s'agit bien d'un de ses dispositifs, et précise ses conditions d'utilisation.

Lanceurs de balle de défense (LBD), grenades de désencerclement… Depuis les premiers jours de leur mobilisation, les « gilets jaunes » ont eu l’occasion de se familiariser avec l’arsenal utilisé par les forces de l’ordre pendant les manifestations.

Y compris avec le recours, fréquent, au gaz lacrymogène. Sans surprise, une publication Facebook à charge contre cette arme non létale suscite de nombreuses réactions.

« Voici un pulvérisateur lacrymogène utilisé par les forces de l’ordre. Comme vous pouvez le constater, il est interdit de l’utiliser à bout portant alors que souvent ce type de pulvérisateur est utilisé en plein visage, ce qui provoque des brûlures », soutient le post aux 10.000 partages.

On distingue, sur l’arme en question plusieurs mentions : « ne pas utiliser à bout portant », « ministère de l’Intérieur » ou encore « police nationale ». Si la photo est authentique, l’usage de ce dispositif répond normalement à des critères bien précis.

FAKE OFF

« C’est bien l’un de nos conteneurs lacrymogènes » confirme la police nationale à 20 Minutes. « On y recourt pour deux types d’emplois lors des manifestations : soit pour un rétablissement de l’ordre, une fois qu’on a fait des sommations et appelé à se disperser avant usage de la force. Soit dans le cas d’une réaction, quand un policier est attaqué, en danger ou qu’il cherche à protéger quelqu’un, donc plutôt dans une situation de fin de manifestation et de violences urbaines » précise-t-elle.

Si aucune distance précise d’utilisation n’est indiquée, les policiers sont bien appelés à « ne pas y recourir à bout portant », conformément à l’indication lisible sur le conteneur de gaz lacrymogène.

« Le cadre d’encadrement des armes est assez large »

« Le gaz lacrymogène arrive normalement au tout début des sommations, quand [les forces de l’ordre] ont donné l’ordre de se disperser, complète l’avocate Claire Dujardin. Le cadre d’utilisation des armes est assez large et pas très précis, c’est ce qu’avait souligné le défenseur des droits après la mort de Rémi Fraisse [dont elle représentait la famille]. »

Une forme d’ambiguïté encore décriée aujourd’hui, comme le montre le désaccord actuel sur l’arsenal policier, jugé trop dangereux par de nombreux manifestants relayant des témoignages de blessures, et la position du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui affirme ne connaître aucun « policier [ou] gendarme qui ait attaqué des "gilets jaunes" ».

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20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre la désinformation. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.