«Gilets jaunes»: Quatre personnes grièvement blessées à l’œil par des lanceurs de balle de défense depuis le début du mouvement

VIOLENCES Christophe Castaner a reconnu des blessures graves dans des altercations entre la police et les manifestants depuis le début du mouvement le 17 novembre…

20 Minutes avec AFP

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Des policiers et des "gilets jaunes" sur un barrage.
Des policiers et des "gilets jaunes" sur un barrage. — F. Dides - Sipa

L’Intérieur a recensé les blessures graves des « gilets jaunes » depuis le début des manifestations. Selon Christophe Castaner, auditionné ce mardi par les députés à l’Assemblée nationale, quatre personnes ont été gravement blessées à l’œil par des lanceurs de balle de défense (LBD) manipulés par des policiers depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » le 17 novembre.

« Il y a eu quatre personnes qui ont eu des atteintes graves à la vision. Certains pouvant effectivement perdre un œil », a affirmé le ministre de l’Intérieur, précisant que la police des polices (IGPN) avait été saisie de 81 enquêtes. « Sur ces 81 enquêtes judiciaires au titre des projectiles tirés par LBD, il y a quatre pertes de vision. Aucune n’est acceptable mais toutes doivent faire l’objet d’une enquête pour déterminer les raisons avec lesquelles cela s’est produit et les conditions dans lesquelles cela s’est passé », a précisé le ministre.

2.000 blessés recensés

L’usage de ce type d’armes de force intermédiaire de maintien de l’ordre lors des manifestations nourrit la colère des manifestants et a été décrié par plusieurs personnalités. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a ainsi récemment redemandé leur «suspension», en raison de leur « dangerosité ». La France insoumise veut, elle, faire interdire leur emploi. Mais Christophe Castaner a répliqué que sans le LBD, il y aurait encore « plus de blessés ».

Le gouvernement déplore depuis la mi-novembre près de 2.000 blessés côtés manifestants, et 1.000 chez les forces de l’ordre, sans plus de précisions. Le chiffre présenté par le ministre de l’Intérieur ne colle pas avec celui du collectif militant « Désarmons-les » et du journaliste indépendant David Dufresne. Eux ont recensé 17 personnes ayant perdu un œil à la suite d’interventions policières depuis le début du mouvement.