Parcoursup: Le Défenseur des droits réclame plus de transparence dans les critères de sélection

CHOIX Actuellement, les caractéristiques prises en compte par les commissions d’examen des vœux, pour classer les candidats sur Parcoursup, ne sont pas dévoilées…

Manon Aublanc

— 

Le site Parcoursup, destiné à l'orientation des lycéens (image d'illustration).
Le site Parcoursup, destiné à l'orientation des lycéens (image d'illustration). — DENIS CHARLET / AFP

Alors que la plateforme d’admission post-bac, Parcoursup, s’apprête à débuter sa deuxième année de service, avec quelques modifications, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, a préconisé de rendre public les critères de tri pour classer les candidatures des futurs bacheliers, a révélé Le Monde, ce lundi.

Alors que plusieurs milliers de lycéens, ou d’étudiants en réorientation, s’apprêtent à débuter leur inscription sur Parcoursup, ce mardi, le Défenseur des droits a estimé, dans une décision consultée par nos confrères, que les critères de tri, utilisés dans chacune des formations, pour classer les milliers de candidatures devaient être rendus publics, et ce, à chaque étape du processus.

Transparence, mobilité et mixité sociale

Cette « exigence de transparence » ne porte pas atteinte aux « principes de souveraineté du jury et du secret de ses délibérations », a expliqué le Défenseur des droits. Actuellement, les caractéristiques prises en compte par les commissions d’examen des vœux, pour classer les candidats sur Parcoursup, sont secrètes. Pourtant, syndicats étudiants, enseignants et élus avaient dénoncé le manque de transparence de ces « algorithmes locaux », mis en œuvre dans chaque établissement, ainsi que le caractère potentiellement discriminatoire de certains critères de tri.

Jacques Toubon a également recommandé de rendre « effective la possibilité de mobilité géographique pour les candidats qui le souhaitent, en particulier en Ile-de-France » et de « favoriser l’accueil de candidats boursiers dans toutes les formations de l’enseignement supérieur afin d’atteindre l’objectif de mixité sociale ».

Vers une anonymisation des candidatures ?

Pour lui, « le recours au critère du lycée d’origine pour départager les candidats peut être assimilé à une pratique discriminatoire s’il aboutit à exclure des candidats sur ce fondement », et s’est dit « favorable à l’idée d’anonymiser les candidatures déposées dans Parcoursup afin que le lieu de résidence ne soit pas visible. »

« Tant que la transparence ne sera pas faite sur ces critères, on ne lèvera pas le profond sentiment d’injustice ressenti par les lycéens des quartiers populaires », a expliqué Stéphane Troussel, le président du département de Seine-Saint-Denis. « A parcours et dossier scolaire équivalent, ont-ils les mêmes chances que les autres ? Le lycée d’origine a-t-il été pris en compte ? », s’est interrogé celui qui fait également partie des élus ayant saisi le Défenseur des droits. Le Défense des droits a donné deux mois à Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation pour répondre à ses recommandations.