VIDEO. «Gilets jaunes» à pied d'Arles à Paris: «S'il n'y a pas de mesure prise pour le RIC, ils vont rester dans la rue»

INTERVIEW Le « gilet jaune » José Manrubia est parti d’Arles le 16 décembre dernier pour porter la volonté d’un référendum d’initiative citoyenne jusqu’à Paris…

Adrien Max

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José Manrubia et ses compères «gilets jaunes».
José Manrubia et ses compères «gilets jaunes». — José Manrubia
  • José Manrubia, accompagné de deux autres « gilets jaunes », a entamé une marche depuis Arles le 16 décembre dernier, pour rejoindre Paris ce dimanche.
  • A travers leur marche, ils souhaitent porter le référendum d’initiative citoyenne, l’une des principales revendications des « gilets jaunes ».

Plus de 850 kilomètres à pieds pour le RIC. José Manrubia, accompagné d’Angélique et de Laurent, trois « gilets jaunes » sont partis d’Arles (Bouches-du-Rhône) le 16 décembre dernier, avec l’objectif de rejoindre Paris à pied. Non pas pour se lancer un défi sportif, mais une « marche symbolique » pour porter le référendum d’initiative citoyenne, l’une des revendications principales des « gilets jaunes ». A 20 Minutes, José Manrubia raconte son périple (à suivre sur cette page) alors que l’arrivée à Paris est prévue ce dimanche.

Pourquoi avoir choisi de vous faire entendre à travers cette marche ?

Cela faisait un mois que nous occupions des ronds-points et il fallait changer de stratégie, au-delà de faire des blocages tous les jours. On a donc eu cette idée d’une marche pacifique jusqu’à Paris en passant par certains ronds-points, tout en portant la pétition sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC). C’est surtout une symbolique forte.

Que retenez-vous de vos rencontres avec d’autres « gilets jaunes » sur les ronds-points ?

Il y a un immense besoin de se parler. Ces personnes culpabilisaient de leur situation, ils avaient besoin de retrouver la parole, de la dignité et surtout de la fraternité. C’est devenu une grande famille, ils refont le monde, il y a beaucoup d’entre aide, ils gardent les enfants des uns et des autres le temps d’une mobilisation. On retrouve une nouvelle fraternité, c’est ce qui m’a le plus marqué.

Après plus d’un mois de marche, les revendications des « gilets jaunes » ont-elles évolué ? Est-ce que les prises de parole d’Emmanuel Macron ont fait changer leur position ?

Ce mouvement a une vertu, de réunir les gens et de les politiser. Au départ il y avait des centaines de revendications, aujourd’hui elles se cristallisent autour du RIC, avec un besoin de se réapproprier la chose politique. C’est la goutte qui a fait déborder le vase, on ne veut plus de mesurette et de blabla sur lequel on reviendra dans six mois. J’ai rencontré des gens très déterminés, qui ne veulent plus entendre parler de Macron. Ils se sont fait évacuer des ronds-points, mais se sont réinstallés sur des terrains privés juste à côté. Ils ont passé les fêtes dans ces lieux leur détermination reste intacte. Sur la cinquantaine de ronds-points où nous avons croisé des milliers de « gilets jaunes », tout se concentre autour de Macron et de BFM.

Donc le grand débat national lancé par le président ne changera rien ?

Beaucoup de sujets n’y sont pas traités. Une centaine de « gilets jaunes » ont été choisis mais personne n’a été vraiment consulté. Sur tous les ronds-points que j’ai traversés, personne ne sait qui sont ces « gilets jaunes ». Ce système est en place depuis 40 ans, nous sommes dirigés par une élite qui ne s’intéresse plus à l’intérêt général, mais à ses petits intérêts. Ce débat n’y changera rien.

Pensez-vous vraiment que votre demande sur le RIC peut aboutir ?

Nous sommes conscients que c’est très difficile à mettre en place. Les politiques en place ne veulent pas laisser la gestion de la cité au peuple. Mardi, nous déposerons symboliquement notre volonté d’un RIC significatif à l’Assemblée nationale, de manière pacifique. Mais s’il n’y a pas de mesures qui vont dans ce sens, la majorité des « gilets jaunes » vont rester dans la rue. Comme je vous le disais, ils ne sont pas près de s’arrêter.