Attentat au musée juif de Bruxelles: «Nemmouche n'est pas le tueur», affirme son avocat

PROCES Le procès de Mehdi Nemmouche, soupçonné d’avoir tué quatre personnes au Musée juif de Bruxelles, s’est ouvert le 10 janvier…

20 Minutes avec AFP

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Le procès de Mehdi Nemmouche s'est ouvert le 10 janvier 2019 à Bruxelles.
Le procès de Mehdi Nemmouche s'est ouvert le 10 janvier 2019 à Bruxelles. — SIPA

C’est la première fois que la défense de Mehdi Nemmouche était amenée à s’exprimer, depuis l’ouverture de son procès le 10 janvier. Le djihadiste français « n’est pas le tueur » du musée juif de Bruxelles, ont expliqué ses avocats face aux jurés. Mehdi Nemmouche, accusé d’avoir tué quatre personnes en mai 2014 dans la capitale belge, a indiqué qu’il ne souhaitait pas s’exprimer.

« Je vous fais savoir à vous et aux jurés, respectueusement, que dans un premier temps, je ne m’exprimerai pas », a-t-il lancé d’une voix posée. L’accusé s’est justifié en dénonçant le fait que la cour ait « expurgé » les témoins à décharge de la liste des personnes appelées à être auditionnées à la barre. « En conséquence, je ne suis pas en mesure de me défendre convenablement. Toutes les personnes qui auraient pu venir ici en apportant un autre son de cloche et une lecture du dossier aux antipodes de celle de messieurs les procureurs fédéraux ont été refusées », a-t-il développé, préférant laisser ses « conseils s’exprimer » à sa place. Mehdi Nemmouche a par ailleurs annoncé à la cour qu’il ne reconnaissait pas être l’auteur des quatre assassinats, qui lui valent d’être jugé devant les assises.

Pas d’ADN sur la porte d’entrée

Mais il concède avoir été en possession des armes utilisées pendant la tuerie, un revolver - de type « P38 spécial », a-t-il lui-même précisé - et une kalachnikov, avec lesquelles il avait été arrêté six jours après les faits à Marseille. Me Henri Laquay a demandé aux jurés l’acquittement de son client. « Mehdi Nemmouche n’est pas la personne qui a appuyé sur la détente lors de l’exécution », il « n’est pas le tueur », a affirmé Me Laquay en entamant la lecture de l’acte de défense qui réplique aux thèses de l’accusation.

L’avocat en veut pour preuve le fait que l’ADN de Mehdi Nemmouche n’a pas été retrouvé sur la poignée de la porte d’entrée du musée, pourtant « fortement et violemment » saisie par le tueur d’après des images de vidéosurveillance. Selon Me Laquay, il y a eu, dès le 27 mai 2014, trois jours après la tuerie, « 12 prélèvements ADN » sur cette poignée et aucun ne s’est révélé positif. « Ce n’est pas lui [Mehdi Nemmouche] qui a manipulé la porte pendant la tuerie, […] il n’est donc pas le tueur », a insisté Me Laquay.

Des éléments « accablants »

Lors d’une audience préliminaire en décembre, la défense avait déjà relevé que ce procès était l’occasion pour Nemmouche d'« enfin voir son innocence reconnue ». Autre élément de nature à disculper l’accusé selon sa défense : il n’a opposé « aucune résistance » lors de son arrestation à sa descente d’un bus à Marseille six jours après la tuerie, a fait valoir Me Laquay.

Dans ce procès qui pourrait durer jusqu’au 1er mars, Mehdi Nemmouche, 33 ans, et un complice présumé, Nacer Bendrer, 30 ans, tous deux Français, doivent répondre d'« assassinats terroristes ». Ils encourent une peine de prison à vie. Mehdi Nemmouche est accusé d’avoir tué de sang-froid en moins d’une minute et demie un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du musée, le 24 mai 2014.

Nacer Bendrer est, lui, soupçonné de lui avoir fourni des armes. Pour les parties civiles, les éléments matériels recueillis contre eux en quatre années d’enquête sont « accablants ».