VIDEO. Grand débat national: «Supprimer l'ENA», «révoquer les élus» ... Que trouve-t-on dans les cahiers de doléances?

«GILETS JAUNES» Défouloir ou vraies boîtes à idées ? En ce jour de lancement du grand débat national, « 20 Minutes » est allé prendre le pouls dans les cahiers de doléances des petites mairies du Lauragais, près de Toulouse…

Hélène Ménal

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Une petite mairie du Lauragais, près de Toulouse, qui a ouvert un registre.
Une petite mairie du Lauragais, près de Toulouse, qui a ouvert un registre. — H. Menal - 20 Minutes
  • Dans les mairies du Lauragais, les registres de doléances ne sont pas épais. Certains s’y défoulent, d’autres donnent du grain à moudre.
  • Les élus de tous échelons en prennent pour leur grade.
  • 20 Minutes a fait sa compil' des griefs et suggestions.

Ils ne savent pas encore vraiment à qui les envoyer, mais pas mal de « petits » maires n’ont pas attendu l’ouverture du Grand débat national pour ouvrir un cahier de doléances à l’accueil du bâtiment communal. Dans la campagne du Lauragais, au sud-est de Toulouse, un coin où certains ronds-points ont largement jauni, ces registres rencontrent des bonheurs divers.

Le cahier de doléances de la mairie de Vallègue , dans la Haute-Garonne.

A Maurémont, paisible village de 328 habitants, il est désespérément vierge depuis le 10 décembre. « Une dame, au ton assez ferme, nous a bien téléphoné pour s’assurer qu’il était ouvert mais elle n’est jamais venue », raconte la secrétaire de mairie. Les pages blanches la rassurent : « Ça prouve qu’il fait bon vivre ici. »

Dans le village voisin de Trébons-sur-la-Grasse, le maire, John Steimer, cultive sa neutralité et renvoie les habitants vers la plate-forme Internet conseillée par l'association des maires ruraux de France. « Notre conseil municipal est apolitique. Au nom de quoi faudrait-il qu’on s’en mêle ? », demande-t-il.

En s’enfonçant dans le Lauragais, la mairie de Vallègue culmine à deux doléances. Celle de Villefranche-Lauragais, capitale locale des «gilets jaunes», à moins d’une dizaine. « Mais nous en avons récolté pas mal de notre côté et nous allons les coller dedans », tempère Laurent, « gilet jaune » pur et dur. Il pense qu’il faudrait une pièce à part parce que « dans les petites mairies, les gens n’osent pas toujours se montrer en train de râler ».

« Faire de l’Elysée un musée »

Dans les rangs – plutôt masculins – de ceux qui osent, il y a plusieurs catégories. Les impulsifs d’abord, qui ciblent précis. Comme cet habitant qui n’aime pas lever le pied et trouve « inadmissible » la limitation à 80 km/h sur les « ex-nationales ». Ou ce septuagénaire, électeur assidu, qui demande tout bonnement « la vérité sur les 50 milliards de dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 ».

Une doléance déposée à Vallègue, dans la Haute-Garonne.
Une doléance déposée à Vallègue, dans la Haute-Garonne. - H. Menal - 20 Minutes

Viennent ensuite les exhaustifs. Ceux qui noircissent plusieurs pages, balayant tout le spectre du débat social. L’un d’entre eux veut à la fois créer une seule caisse de Sécurité sociale pour tous, « supprimer l’ENA », « faire de l’Elysée un musée » et « légaliser la prostitution ». Il signe « un Français » et veut aussi ouvrir le champ du référendum à l’immigration.

De façon générale, les élus ont des cheveux blancs à se faire. Réduction de leur nombre à tous les échelons, restriction de « leur train de vie », hormis les maires qui ne sont pas cités, ils sont dans le viseur. La suppression du Sénat revient plusieurs fois. Un contributeur suggère, avec des accents d’insoumis, de « faciliter la révocation […] si le président ou un élu ne fait pas son travail ».

Surveiller les exonérés d’ISF

Enfin, il y a les constructifs. Un menuisier aimerait qu’on valorise le travail manuel et qu’on développe l’apprentissage dans les entreprises artisanales. Il plaide, et il n’est pas le seul pour, l’uniformisation des régimes de retraite. Un autre habitant du Lauragais ressort la « prime de transport pour les déplacements pros » dans les zones « mal » desservies. Enfin, un « citoyen » intuitif a devancé la fermeté du président Macron concernant le non-retour de l’ISF. Il propose habilement de « justifier l’investissement en France des riches » qui en sont exonérés.

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